Congo Horizons

"C'est une goutte d'eau qui engendre des cascades!!!".

Home
A La Une
Congoscopie
Politique
Diaspora
Multimédia
Interviews
Photos & Evènements
Santé
Libertés et Presse
Nos Partenaires
Avis et Suggestions
A Propos de Nous
Nous Contacter
Site Map
Archives
ArchivesA


Affaire Maheshe: "inanité accablante" de la justice militaire de RDC, selon des ONG 

KINSHASA (AFP) - mardi 18 septembre 2007 - 21h11 

 

Deux organisations de défense de la presse ont fustigé mardi dans un communiqué commun "l'inanité accablante" de la justice militaire de Bukavu (est de la République démocratique du Congo), après des "révélations" des deux meurtriers du journaliste Serge Maheshe.


L'organisation internationale Reporters sans frontières (RSF) et son organisation partenaire en RDC, Journaliste en danger (JED), "sont scandalisées par les révélations faites par les deux présumés assassins de Serge Maheshe, journaliste de la station privée Radio Okapi, affirmant que des magistrats militaires les ont soudoyés pour accuser des innocents".

"Dans une lettre écrite depuis leur prison (datée du 8 septembre), les deux hommes innocentent les amis du journaliste, Serge Mohima et Alain Shamavu, condamnés à mort en même temps qu'eux (et) qu'ils ont accusés d'être les commanditaires du crime", rappellent les ONG.

"Ce rebondissement spectaculaire met en lumière l'inanité accablante de l'instruction menée par la justice militaire de Bukavu, que nous dénoncions en dépit du soutien que lui avait apporté le gouvernement congolais", soulignent RSF et JED.

"Aujourd'hui, cette comédie sordide doit prendre fin. La famille et les amis de Serge Maheshe ont le droit de connaître la vérité. Les vrais assassins et leurs vrais commanditaires doivent être arrêtés et punis", poursuivent-ils.

Journaliste à la radio Okapi, Serge Maheshe (31 ans), a été abattu le 13 juin dans la soirée par deux inconnus à Bukavu, alors qu'il s'apprêtait à monter dans sa voiture de service, marquée du sigle des Nations unies.

Le 28 août, le tribunal militaire de Bukavu a condamné à mort pour assassinat Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, deux civils qui avaient reconnu le crime, et à la même peine pour "association de malfaiteurs" les deux amis de la victimes, qui n'ont cessé de clamer leur innocence.

Le verdict du tribunal militaire de Bukavu avait suscité l'indignation d'ONG, qui avaient dénoncé la précipitation de la justice militaire, les déclarations contradictoires des assassins présumés, l'absence de preuve matérielle et de mobile.

Dans leur lettre, les deux assassins présumés ont accusé deux magistrats militaires de les avoir soudoyés pour accuser les deux amis de la victime, contre la promesse d'une libération rapide.

"Ils affirment que ceux-ci leur ont fourni des éléments matériels compromettants, de manière à étayer leur scénario", en leur remettant notamment "la carte SIM du téléphone de la victime ainsi que l'arme du crime".

Interrogé par l'AFP, l'auditeur militaire supérieur (procureur) du Sud-Kivu a qualifié la lettre des assassins condamnés de "comédie de très bas étage" et "d'aventure suicidaire visant à discréditer la justice".

"Après dix-sept audiences et plusieurs auditions au niveau du parquet en présence des avocats de toutes les parties, nous ne pouvons pas comprendre qu'on puisse prétendre que des aveux ont été extorqués", a déclaré le lieutenant-colonel Laurent Mutata Luaba.

Les deux témoins ont fait appel du premier jugement.



Un des trois journalistes de la RTNC libéré à Kinshasa

Eugène Risasi tambwe, journaliste et syndicaliste à la RTNC (Radiotélévision Nationale Congolaise, chaîne publique) a été libéré, mardi 31 juillet 2007 à 15h00 locale. Le journaliste a déclaré à JED, jeudi 02 Août 2007, avoir été déchaussé, menotté et avoir reçu 30 coups de fouet au camp militaire Colonel Tshatshi. Aucun grief n’a été retenu contre lui.

Selon Risasi, Vincent Hata et Michel Shango restent encore détenu pour raison d’enquête. Tandis que Makolo Tshilumbayi n’a pas été identifié comme journaliste à la RTNC.

BACKGROUND

Arrêtés, depuis les 26 et 27 juillet 2007, par les éléments de la Garde Républicaine (GR) commis à la garde des installations de la RTNC à Kinshasa/Lingwala, Vincent Hata, Michel Shango et Eugène Risasi tambwe ont été transférés, samedi 28 juillet 2007, dans les cachots de la DRGS (Direction des renseignements généraux et services spéciaux de la police) à Kin-Mazière après un bref séjour au camps militaire colonel Tshatshi.

Les journalistes sont officiellement accusés « d’injures publiques et outrage envers le chef de l’Etat, tentative de déstabiliser la RTNC et discréditer le gouvernement par le déclenchement d’une grève et tentative d’organiser une réunion syndicale malgré le refus de l’Administrateur-délégué général »


Un journaliste d’une radiotélévision catholique violemment passé à tabac par des éléments de la sécurité présidentielle à Kisangani.

Journaliste en danger (JED) proteste énergiquement contre le passage à tabac de Ernest Mukuli, journaliste à la Radio Télévision Amani (RTA) propriété du diocèse de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale, au Nord-Est de la RD Congo, samedi 30 juin 2007, en marge des festivités marquant le 47° anniversaire de l’Indépendance de la RD Congo.

Selon des informations parvenues à JED, cinq personnes, habillées en veste, ont fait irruption dans les studios de la station, vers 13h00, à la recherche du journaliste qu’ils auraient aperçu au balcon du bâtiment abritant la radio entrain de filmer le passage à pied du président de la République accompagné d’une foule immense, vers son domicile juste après le défilé.

Ayant reconnu le journaliste, ces hommes qui n’avaient pas décliné leurs identités, se sont mis à le rouer des coups devant ses collègues, et à le traîner ça et là dans les studios et sur le plateau de la télévision, le sommant de leur présenter le macaron d’accréditation qui lui donnait le droit de couvrir la manifestation. Par la suite, ils se sont emparés d’une des caméras de la télévision qu’ils ont emmenée à une destination inconnue.

Interrogé par JED, mardi 03 juillet 2007, sur l’identité de ses agresseurs, Mukuli a déclaré que les hommes qui sont arrivés au studio de la chaîne étaient venus à bord de l’une des deux Jeeps de la Garde Républicaine (GR) qui circulent à Kisangani, et qu’il avait reconnu l’un d’entre-eux pour l’avoir rencontré le matin sur les lieux du défilé.

Le journaliste a aussi déclaré que toutes les démarches entreprises, depuis, pour récupérer le matériel emporté sont restées vaines jusqu’à ce jour.

« La Garde Républicaine soutient que les hommes qui ont opéré doivent appartenir à d’autres services spéciaux tels que la DEMIAP ou l’ANR (Ndlr : services des renseignements militaires et civils) et que la caméra n’est jamais arrivée à leur bureau » a confié Mukuli.


JED demande au gouvernement de retrouver les auteurs de ces actes et de les sanctionner car il est inadmissible que des hommes en armes violent le temple de l’information qu’est un studio de radio et de télévision et y passent à tabac des journalistes.

En outre, JED constate qu’il devient de plus en plus difficile pour des journalistes, étrangers et nationaux, de filmer ou de photographier des scènes banales de la vie dans certaines villes du pays sans se retrouver entourés par une meute des services de sécurité qui exigent des ordres de mission même à des journalistes congolais.

JED demande avec insistance à toutes les institutions de la République issues des élections de concrétiser par des actes leurs engagements en faveur de la démocratie et de la liberté d’expression tels que ratifié dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques.


 RDCongo: un journaliste de la radio Okapi abattu par des inconnus

 

KINSHASA (AFP) - 13/06/2007 22h08

 

Serge Maheshe, journaliste congolais de la radio Okapi, parrainée par l'ONU, a été abattu mercredi soir par des inconnus à Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). "Un de nos journalistes, Serge Maheshe, a été tué ce soir (mercredi) à 21H00 locales (19H00 GMT) à Bukavu", a déclaré à l'AFP Yves Renard, rédacteur en chef de la radio.

 

Serge Maheshe, 31 ans, a été tué dans la rue alors qu'il se trouvait avec deux amis. Ils étaient sur le point de remonter dans une voiture marquée du sigle des Nations unies, devant le domicile d'une troisième personne à qui ils venaient de rendre visite "D'après les témoignages que nous avons, deux hommes en civil se sont approchés d'eux et leur ont demandé de s'asseoir. Le ton est rapidement monté et il y a eu très vite des tirs. Serge a été tué de plusieurs balles. Ses deux amis n'ont pas été blessés", a expliqué M. Renard. "Tout le monde est très choqué. On ne sait absolument pas si cela a un lien ou pas avec le fait que Serge est un journaliste", a-t-il ajouté.


Un journaliste de la chaîne publique à Goma suspendu pour avoir donné la parole à un général dissident

Rép Démocratique du Congo / Goma
[ 14-05-07 ]


Michel Mutabesha Bakuza, reporter à la station provinciale de la chaîne publique RTNC (Radiotélévision nationale congolaise), émettant à Goma, capitale de la Province du Nord Kivu (Est de la RD Congo), a été suspendu, mardi 8 mai 2007, par M. Gabriel Lukeka, directeur provincial de la RTNC/Goma.
Il est reproché au journaliste d’avoir diffusé, au cours du journal parlé du dimanche 6 mai 2007 une interview du général dissident Laurent Kunda Batware, (Ex chef de guerre basé dans le territoire de Masisi, à 75 Km de Goma). Le général Laurent Kunda a déclaré au cours de cette interview être déçu par le processus du mixage de sa milice et de l’armée nationale.
Il a également dit être prêt à retirer ses hommes des FARDC (Forces armées de la RD Congo) au motif que la logistique n’a pas suivie et une partie de ses hommes reste encore non mixée. Pour le directeur provincial de la RTNC/Goma, qui aurait subi beaucoup des pressions, cette interview du général dissident va à « l’encontre de la ligne éditoriale de la RTNC qui doit préserver les intérêts du gouvernement ».

JED se dit choquée et scandalisée par la suspension d’un journaliste qui n’a fait que son travail en donnant la parole à un homme qui fait l’actualité depuis des années et avec lequel le gouvernement congolais a négocié la réintégration des troupes.

JED demande à l’ADG de la RTNC, M. Emmanuel Kipolongo de casser cette décision non justifiée prise par son représentant à Goma ainsi que toutes les actions disciplinaires engagées contre d’autres journalistes de la RTNC/Goma dans le cadre de la même affaire. JED rappelle que la RTNC est un média public par vocation dont la ligne éditoriale ne saurait être mise au service de la sauvegarde des intérêts du gouvernement. Donner la parole à un des acteurs de la crise congolaise n’est ni une faute professionnelle ni un délit.


Le directeur d’un journal libéré après 5 jours de détention

Journalist en danger, Lundi 14-05-07
 
PHAMBU LUTETE, éditeur du journal La Tolérance, bi-hebdomadaire paraissant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a obtenu sa liberté provisoire, vendredi 11 mai 2007, après 6 jours de détention. Le journaliste a dit à Journaliste en danger (JED) avoir payé « une caution » de 50$US.
Phambu a été arrêté, dimanche 06 mai 2007, par les éléments de l’IPK (Inspection provinciale de la Police de Kinshasa) avant d’être transféré, mardi 08 mai 2007, au Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Matete.

Le journaliste était officiellement accusé de ‘’menaces et tentatives d’escroquerie’’ à l’encontre de Mme Pauline IPELUEKA, cadre à l’administration foncière de Kinshasa. Phambu s’apprêtait à publier un article dans lequel il s’étonnait de la récente nomination à des fonctions importantes de Madame IPELUEKA qui, pourtant, serait sous le coup des poursuites judiciaires, depuis le début de l’année

Liberté de presse : la Rdc classée 4ème sur le palmarès des pays les plus répressifs
Congolite Vendredi 04/05/2007

Trois pays d’Afrique sub-saharienne, figurent en tête de la liste des États où la liberté de la presse s’est le plus détériorée ces cinq dernières années, a annoncé mardi Robert Mahoney, Directeur adjoint du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), venu présenter aux côtés de Joël Campagna, Coordonnateur du Programme Moyen-Orient du CPJ, les conclusions d’une étude mondiale conduite par cette organisation. L'Ethiopie, où le gouvernement a lancé une répression massive sur la presse privée se classe en première position.

La Gambie et la République démocratique du Congo sont, avec la Fédération de Russie et Cuba, les pays les plus répressifs en matière de liberté de presse. Selon les informations contenues dans le rapport, deux journalistes ont été assassinés en RDC au cours des deux dernières années et 11 sont en prison. En Gambie, Deyda Hydara, l’éditeur de l’un des principaux journaux, a été assassiné et 11 journalistes ont été jetés en prison au cours de la seule année 2006. Quant à l’Éthiopie, le CPJ y a découvert l’emprisonnement de 18 journalistes. Plusieurs dizaines de professionnels de la presse ont dû s’enfuir de ce pays dont le Gouvernement a bloqué plusieurs sites web, expulsé deux correspondants étrangers, et interdit huit publications de parution. L’Afrique n’est pas seule au palmarès des violations graves contre la liberté d’informer. Au Pakistan, révèle le rapport du CPJ, huit journalistes ont été tués au cours des cinq dernières années. Quinze autres sont portés disparus au cours de la même période. En Azerbaidjan, au cours des cinq dernières années, un éditeur a été assassiné, tandis que 9 journalistes étaient jetés derrière les barreaux et que 2 de leurs collègues étaient kidnappés.

Le rapport du Comité pour la protection des journalistes, qui a paru mercredi à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, s’appuie sur des données collectées dans le monde entier au courant de la période allant de 2002 à 2007. Les données et statistiques collectées ont été ventilées par le CPJ en sept catégories pertinentes (censure gouvernementale; harcèlement judiciaire, procès en diffamation à caractère pénal, assassinats de journalistes, violences physiques contre la presse et ses représentants, emprisonnements de journalistes et menaces contre la presse), à partir desquelles un « palmarès » a été établi. Le CPJ a cependant exclu de son rapport les grandes zones de conflit comme l’Iraq et la Somalie, qui souffrent d’une absence de structures conventionnelles de gouvernance ou de collecte d’information. Les pays suivants figurent, par ordre de classement, sur la liste établie par le CPJ : Ethiopie, Gambie, Russie, République démocratique du Congo (RDC), Cuba, Pakistan, Égypte, Azerbaïdjan, Maroc et Thaïlande. Le fait que cinq pays d’Afrique, tous salués à un moment donné pour s’être engagés sur la voie de la transition démocratique, se trouvent parmi eux, révèle la fragilité de ce processus quand il s’agit de respecter la liberté de la presse, souligne le Directeur exécutif du CPJ, Joël Simon, dans un communiqué distribué aujourd’hui au cours de la conférence de presse.

En réponse à une question, M. Mahoney a souligné que cette liste n’était pas forcément celle des pays où la situation de la presse est la plus préoccupante, comme c’est par exemple le cas au Zimbabwe, mais qu’elle cite les pays où cette liberté s’est le plus dégradée au cours de ces cinq dernières années. L’Iraq et la Somalie devraient faire l’objet de rapports séparés, a expliqué M. Mahoney, non seulement en raison de l’extrême gravité des formes de violences qui y sont perpétrées, mais aussi du fait de l’absence de réelle gouvernance dans ces pays et de la difficulté d’y réunir des informations fiables. Il est également ardu d’enquêter sur ce qui se passe aujourd’hui en République démocratique populaire de Corée (RPDC) ou au Myanmar, a-t-il ajouté.

« En publiant un tel rapport, qui jette le discrédit sur certains États, nous espérons une réaction des gouvernements concernés », a déclaré Robert Mahoney, en soulignant que l’objet du CPJ était de pointer les dysfonctionnements observés dans les pays uniquement sur la base des normes internationalement acceptées et reconnues en matière de liberté de la presse. 85 % de gens coupables d’assassinats de journalistes courent toujours, a-t-il rappelé.

M. Mahoney a indiqué que si dans certains pays figurant dans la liste, comme le Maroc ou l’Égypte, on constatait que la censure s’était assouplie au fil des années, permettant ainsi à une presse de plus en plus indépendante de s’épanouir, on y notait aussi que des représailles étaient exercées contre des éditeurs ou des journalistes jugés trop critiques à l’égard des régimes en place. Au Maroc, par exemple, les médias d’État ont pris pour cible les publications indépendantes qui avaient couvert l’affaire des caricatures du Prophète Mahomet. Certains journalistes se sont estimés gravement menacés du fait des attaques des médias officiels, a indiqué M. Mahoney. Généralement considéré comme un modèle dans sa région en ce qui concerne le respect des droits de la presse, le Maroc partage pourtant avec la Tunisie le triste record du plus grand nombre de cas d’emprisonnements de journalistes dans le monde arabe, a fait observer M. Campagna.

Répondant à une question de la presse, M. Mahoney a indiqué que, même si la liberté de la presse n’y était jamais entièrement respectée, aucun pays occidental ne figurait dans le classement, dans la mesure où ces pays ne remplissaient pas les critères et le niveau de violations retenus pour établir la liste.

Au sujet des enlèvements de journalistes, les représentants du CPJ ont déclaré qu’ils comprenaient la réaction des familles qui se disent prêtes à payer une rançon pour obtenir la libération d’un des leurs. Ils ont cependant attiré l’attention sur le fait que le paiement d’une rançon pouvait représenter un danger pour les autres journalistes travaillant dans la région concernée, puisque la tentation de les enlever à leur tour pouvait alors devenir beaucoup plus grande. Dans le cadre des efforts qu’ils déploient pour garantir la protection des journalistes à travers le monde entier, les représentants du Comité ont révélé qu’ils s’étaient entretenus, la semaine dernière, avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, qui les a assurés du soutien de l’ONU dans cette lutte.

Le Comité pour la protection des journalistes est une organisation indépendante à but non-lucratif fondée en 1981 afin d’observer et d’enquêter sur les abus commis contre la presse et promouvoir la liberté de celle-ci à travers le monde. Le CPJ a été créé par des correspondants de presse américains basés à l’étranger. Son siège est à New York et le CPJ a des correspondants dans toutes les grandes régions au monde.

A Kinshasa, la Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée par un hommage des journalistes vivants à leurs confrères assassinés. Une quarantaine de journalistes se sont recueillis jeudi sur les tombes du couple Ngyke et de Bapua Muamba au cimetière de la Gombe, en y déposant des gerbes de fleur. Après ce moment émouvant, le groupe s'est dirigé au siège des stations CCTV, CKTV et RALIK, médias de l’ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba, pour exprimer leur solidarité au personnel de ces médias, fermées la veille des violents affrontements armés du 22 et 23 mars dernier avant d’être pillées au cours de ces événements. Dans son mot de circonstance, la présidente de l’UNPC (Union Nationale de la Presse du Congo), Chantal Kanyimbo, a demandé que cessent les assassinats des hommes de médias en RDC. « Pas de démocratie sans la liberté de presse et le respect des droits de l’homme », a-t-elle déclaré. Au siège de CCTV et CKTV et RALIK.

Sources : Cpj, Unnews et Radio Okapi

© Copyright Congolite



Le Ministère public requiert la peine de mort contre les assassins présumés d’un journaliste

Le Ministère public a requis, lors de l’audience publique du 04 avril 2007 du Tribunal Militaire de Garnison de Kinshasa/Matete, la peine de mort, comme peine la plus forte pour toutes les infractions mises à charge des assassins présumés du journaliste Franck Ngyke et de son épouse Hélène Mpaka, assassinés à leur domicile, dans la nuit du 02 au 03 novembre 2005.
Pour le Ministère public, ce réquisitoire, qui a exclu toute circonstance atténuante, se justifie par le fait que l’assassinat du journaliste avait été planifié depuis plusieurs jours par les prévenus qui n’en étaient pas à leur premier forfait.

Les avocats des parties civiles ont, pour leur part, déploré la légèreté avec laquelle l’instruction de cette affaire a été menée au niveau tant de la police que du parquet militaire et le refus du Tribunal de faire droit à leurs nombreuses requêtes tendant à voir certaines personnalités être entendues en audience publique. « Ce procès s’achève sans que l’on puisse connaître les mobiles du crime et alors qu’il subsiste encore de nombreuses zones d’ombre », ont-ils déclaré.

La partie civile a également fustigé le sabotage de ce procès par l’Etat congolais, pourtant partie au procès, qui ne s’est jamais donné la peine de contribuer à la manifestation de la vérité.

Quant aux avocats de la défense, ils ont sollicité l’acquittement pur et simple des prévenus au bénéfice du doute. En effet, selon la défense, l’accusation n’a jamais été à même, tout au long de ce procès, d’apporter la moindre preuve de la culpabilité des prévenus et, même, ce procès a dévoilé l’existence d’un autre groupe d’assassins présumés, appréhendés par la police puis relâchés, mais dont les aveux étaient proches de la version des orphelins. « Dans ce cas, le doute devrait devrait profiter aux accusés », ont-ils laissé entendre.

Le principal accusé, Joël Munganda a demandé au Tribunal d’être poursuivi seul pour l’appel émis du téléphone du journaliste et l’acquittement des autres accusés qu’il reconnaît innocents.

Pour rappel, 5 personnes étaient poursuivies dans le cadre de ce dossier des chefs d’association des malfaiteurs, assassinat, tentative d’assassinat, violation des consignes, extorsion, vol d’armes et recel d’objets. Il s’agit du Sous-Lieutenant Joël Munganda, chef présumé de la bande, du Sous-Lieutenant Didier Awantimbine, de l’Adjudant Papy Munongo, de Paulin Kusungila et de Serges Kabungu Obez.

Le Tribunal Militaire a pris l’affaire en délibéré et rendra son verdict le 13 avril 2007.
Source: Journalist en danger(JED),Jeudi 05/04/2007

 

 


Un groupe de policiers en armes envahissent les studios d’une radio publique à Butembo, à l’Est de la RD Congo

Journaliste en danger (JED) condamne de la manière la plus catégorique l’invasion des studios de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), à Butembo par un groupe de policiers, et l’interruption en direct d’une émission qui traitait de la question de l’insécurité qui prévaut dans cette ville. « Envahir par les armes les studios d’un média c’est profaner le temple de la vérité. L’insécurité est un réel problème dans plusieurs villes du pays. Imposer le silence sur ce phénomène n’est pas la solution idéale » estime JED.

Selon les informations parvenues à JED, un groupe de policiers du Groupe mobile d’intervention, agissant sous les ordres de M. Wabunga Singa, Maire de la ville de Butembo (province du Nord-Kivu, est de la RD Congo), a envahi, mercredi 7 mars 2007 vers 9H00 du matin, les studios de la station locale de la chaîne publique RTNC. A la suite de cette expédition policière, le signal de la RTNC a été interrompu et deux journalistes, Lambert Kasereka et Aimé Paluku, ont été brutalisés avant d’être conduits à l’office du Maire où un ordre leur a été donné de ne plus parler des problèmes d’insécurité dans la ville. Contacté au téléphone par Journaliste en danger (JED), une collaboratrice du Maire de la ville de Butembo a indiqué que la RTNC a continué à diffuser un communiqué de la société civile demandant aux commerçants d’observer, mercredi 7 mars 2007, une journée ville morte en guise de protestation contre l’insécurité qui prévaut dans la ville de Butembo où un enseignant a été tué, le 3 mars 2007, par un militaire. Depuis cet incident, la RTNC/Butembo n’a plus émis jusqu’en fin d’après-midi. Un responsable local a tout de même déclaré à JED que « les émissions reprendraient normalement le soir ».
 
Source:Journalist en danger,07/03/07

L’affaire du « ministre fantôme » du gouvernement Gizenga fait une victime à Lubumbashi dans le sud-est de la RD Congo

Faustin Bela Mako, secrétaire adjoint chargé de la communication de la section de Lubumbashi (Province du Katanga, sud-est de la RD Congo) de l’UNAFEC (Union nationale des fédéralistes congolais, parti politique de la coalition ayant contribué à l’élection du président Joseph Kabila), a été sérieusement battu, vendredi 2 mars 2007, à l’arrêt de bus de la Kasapa, par une dizaine de personnes identifiées, par des témoins, comme étant des proches de M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président fédéral de l’UNAFEC/Katanga et député provincial.
Journaliste en danger (JED), qui a pu rencontrer, vendredi 02 mars 2007 en début de soirée, Bela Mako sur son lit d’ hôpital dans une clinique de la place, a constaté que ce dernier avait un œil complètement poché et qu’ il se plaignait de graves maux de tête. La police a pu interpeller deux suspects dont l’un serait le propre domestique de M. Kyungu. Bela Mako, par ailleurs éditeur d’un petit journal dénommé « Congo News », a publié, dans l’édition n° 15 de « La Flèche Hebdo », un périodique paraissant à Lubumbashi, une réflexion intitulée, « Le mal de l’UNAFEC ». Dans cette réflexion, Bela Mako a pris cause et fait pour le député Kisimba Ngoy, président national de l’UNAFEC qui est accusé par son parti d’avoir proposé, comme ministre du commerce extérieur dans le gouvernement de M. Antoine Gizenga, quelqu’un qui n’existerait pas réellement.
 
Cette affaire qui a fait l’objet d’un débat houleux à l’Assemblée Nationale lors de l’investiture, fin février, du gouvernement, est à la base d’un conflit ouvert entre MM. Kisimba et Kyungu qui s’excluent mutuellement du parti.

 

Par Journalist en Danger, JED, 02/03/2007


Lettre Ouverte au Président de la République, Premier Ministre et au Président de l'Assemblée nationale

 

Rép Démocratique du Congo / Kinshasa



Concerne : Liberté de la presse et lutte contre la corruption et l’impunité en RDC
« On ne peut pas lutter contre la corruption et l’impunité quand des journalistes sont envoyés systématiquement en prison pour avoir dénoncé ces deux fléaux »


Journaliste en danger (JED), organisation indépendante et non partisane de défense et de promotion de la liberté de la presse en République démocratique du Congo, salue votre élection au suffrage universel direct et/ou nomination en qualité respectivement de Président de la République et Chef de l’Etat, de député et président de l’Assemblée nationale ainsi que de Premier ministre et chef du gouvernement, le premier issu des premières élections libres et transparentes depuis plus de 40 ans.

Excellence Monsieur le Président de la République, Excellence Monsieur le Premier Ministre, Honorable président de l’Assemblée, En vos qualités respectives, vous avez la lourde tâche de présider, avec vos équipes, à la destinée du peuple congolais pendant les cinq années à venir. JED convient avec vous que cette tâche est ardue eu égard à l’état de déliquescence dans lequel le pays a été plongé par plus de quatre décennies d’une gestion prédatrice de la » Res publica ». Cette gestion prédatrice a transformé l’un des pays les plus riches de la planète en un des pays les pauvres du monde. Dans vos discours d’investitures respectives, JED a décelé des points communs qui redonnent espoir à un peuple tellement abusé qu’il a commencé à cesser de croire et d’espérer. Tous les trois, vous avez déclaré, presque dans les mêmes termes, une lutte sans merci contre la corruption, les détournements des deniers publics, les malversations financières et l’impunité. Tous les trois, vous vous êtes inscrits dans la logique de la promotion de la bonne gouvernance, de la démocratie et des droits de l’homme. Vos engagements respectifs à lutter contre la corruption, les détournements, les malversations financières et l’impunité ont été applaudis par le peuple congolais parce que tout votre programme ne serait qu’un vain mot si ces fléaux continuent à avoir de beaux jours dans le pays. En effet, dans son discours d’investiture prononcé le 6 décembre 2006, le président Joseph Kabila, parlant de la corruption a dit : « il y a un fléau qui est à la base du ralentissement total de notre développement. Je veux parler de la corruption. La lutte contre la corruption sera également un des segments prioritaires de mon mandat. (…) Elle (la corruption) est aussi une autre forme de criminalité que je combattrai avec la dernière énergie ». Emboîtant le pas au Chef de l’Etat, le Premier ministre Gizenga, a déclaré, jeudi 22 février 2007, devant l’Assemblée Nationale réunie pour l’adoption du programme et l’investiture du gouvernement, comme un des cinq axes prioritaires de son programme « la restauration de la famille et des valeurs morales avec un accent particulier sur la lutte contre la corruption sous toutes ses formes ». Se faisant plus précis, le premier ministre a ajouté, le 24 février 2007 toujours devant les représentants du peuple réunis à l’Assemblée Nationale, citant le président de la République, que « les portes de la prison seront largement ouvertes. Ainsi tout détourneurs, tout corrompu devra restituer l’objet détourné et réparer le forfait. Des sanctions exemplaires, dont la casse de la pierre autrement dit ‘Mbula Matari’ attendent tous les voleurs, les détourneurs des deniers publics et tous les corrompus ». Le président de l’Assemblée Nationale, M. Vital Kamerhe, dans son discours, prononcé le mardi 9 janvier 2007, à l’occasion de l’installation du bureau définitif de l’Assemblée Nationale, a mis un accent particulier sur « la lutte qui doit être menée contre les anti-valeurs, c’est-à-dire l’impunité, l’immoralité politique, l’incurie administrative et la gabegie financière ». Pour M. Kamerhe, « il est temps de rétablir la sanction en vue de combattre le laxisme et les anti-valeurs ». Excellences, Honorable président, Vous conviendrez avec JED que la bonne gouvernance a pour socle la transparence touts azimuts dans la gestion et que le culte du secret constitue, à contrario, le ferment de la corruption, des détournements et des malversations financières. C’est d’ailleurs à juste titre que le premier ministre, parlant de la bonne gouvernance dans sa réponse aux préoccupations des députés par rapport à son programme d’action, avait épinglé comme stratégie la mise sur pieds « des institutions susceptibles de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, d’assurer la sécurité juridique et judiciaire, d’imposer la transparence dans la gestion ainsi que l’obligation de rendre compte et l’obligation de réaliser les résultats ». Vous conviendrez avec JED que la transparence passe par des médias réellement libres et des garanties plus que verbales de liberté d’expression et d’opinion pour tous. Les mandataires publics et privés à tous les niveaux de responsabilité ne peuvent rendre compte individuellement à tous les citoyens. Il appartient donc aux médias libres d’apporter toutes les informations sur la manière dont est géré le patrimoine commun qu’est la RD Congo dans tous les domaines. Pour remplir efficacement son rôle dans le cadre de la transparence, les médias doivent être libres d’enquêter sans entraves et de critiquer sans peur d’être menacé ou de se retrouver en prison. Dans un pays démocratique où la bonne gouvernance est une exigence, c’est même une obligation légale et morale pour les médias de jouer un rôle clé pour la transparence dans la gestion publique. Que constatons-nous au quotidien en RD Congo ? Chaque fois qu’un journaliste dénonce des actes de corruption, de détournement, de malversation financière ou de violations des droits de l’Homme pourtant reconnus par les plus hautes autorités du pays comme fléau « du ralentissement du développement de la RD Congo », le journaliste est, dans la meilleure des hypothèses menacé, et dans la pire, envoyé en prison avec la contribution de certains juges véreux qui s’appuient sur une loi qui fait justement le lit des corrompus et corrupteurs. A titre d’illustration, à Boma dans la province du Bas-Congo, POPOL NTULA VITA, journaliste à l’hebdomadaire LA CITE AFRICAINE, a été condamné, mardi 27 février 2007, à une peine de trois mois de prison ferme et au paiement de 6450 $US de Dommages et Intérêts pour « diffamation et imputations dommageables » à l’endroit de quatre responsables locaux de la Direction générale des Impôts (DGI). Dans un article intitulé « Alerte au Centre des Impôts à Boma », le journaliste accusait les quatre responsables locaux de la DGI de malversations financières dans la gestion des plaques minéralogiques des véhicules. Or, c’est un secret de polichinelle que, aussi bien à Kinshasa qu’en provinces, les plaques minéralogiques des véhicules sont surfacturées par des agents préposés à ces services. Parfois la différence entre le prix officiel fixé par l’Etat et celui effectivement pratiqué va du simple au double. Non loin de Boma, plus précisément à Moanda dans la même province du Bas-Congo, un autre journaliste, NELSON THAMBA, de la RCM (Radio Communautaire de Moanda) a été battu, le 2 février 2007, par un commandant local de la Police qui l’a pris pour « un espion » simplement parce que le journaliste était allé au bureau de l’Administrateur du territoire pour obtenir des informations en rapport avec les affrontements sanglants entre les forces de l’ordre et les adeptes de la secte mystico-religieux Bundu dia Kongo. Le journaliste, après avoir été soigné, a déposé une plainte contre le commandant en question à l’auditorat militaire de Kitona. Le journaliste et des témoins ont été entendus sur procès verbal. Quant au commandant, il n’a toujours pas répondu à la convocation de l’auditorat militaire et continue à travailler comme si de rien n’était. Tout porte à croire que le régime de l’impunité se porte à merveille dans cette affaire. Le dernier cas qui illustre le fossé entre le discours politique et la pratique au quotidien est celui du journaliste RIGOBERT KWAKALA KASH, Directeur du journal LE MONITEUR paraissant à Kinshasa. Il a été libéré le 16 février 2007 après 35 jours de détention au CPRK (Centre pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa) pour « imputations dommageables et injures publiques ». Le journaliste avait publié une série d’articles mettant en cause la gestion du gouverneur sortant de la province du Bas-Congo, M. Jacques Mbadu NSitu. Non content des articles publiés, le gouverneur sortant avait saisi le tribunal de Paix de Kinshasa/Pont Kasa-Vubu où un juge, certainement conditionné, a estimé que « l’honneur et la considération » d’un individu, fut-il gouverneur, valait plus que les exigences d’orthodoxie financière. Il a condamné, par défaut, le journaliste à une peine de 11 mois de prison ferme avec arrestation immédiate, à la suite d’un procès émaillé d’innombrables irrégularités. Comment peut-on attendre des médias une contribution réelle et efficace dans la bataille pour la bonne gouvernance si les journalistes sont systématiquement condamnés à des peines de prison ferme et de lourds dommages et intérêts ou carrément copieusement battus par des représentants de la puissance publique chaque fois qu’ils dénoncent des malversations financières ou qu’ils enquêtent sur des sujets gênants ? En RD Congo, tout détenteur d’une parcelle de pouvoir politique, économique et même militaire peut, chaque fois qu’un journaliste l’égratigne, à tort ou à raison, requérir, grâce à des relations personnelles ou à l’argent, les services de la Police et de la Justice pour l’intimider ou l’envoyer en prison. Deux autres journalistes sont emprisonnés au CPRK depuis, respectivement, le 21 novembre et le 1er décembre 2006. BONSANGE MBAKA dit CHE GUEVARA, travaillant pour le périodique MAMBENGA a été interpellé, le 21 novembre 2006 par des éléments des Services spéciaux de la Police, à la Cour Suprême de Justice lorsque ce bâtiment avait été incendié. Détenu au secret pendant plus d’un mois au cachot de la DGSP (Direction générale des services spéciaux de la Police), il a été transféré, le 27 décembre, au CPRK. Depuis, il n’a jamais été présenté à un juge. Quant à PAPY NTEMBE MORONI, reporter à CCTV (Canal Congo Télévision), il a été interpellé, le 1er décembre 2006 en pleine nuit chez lui à la maison en même temps que son bailleur, un officier des FARDC(Forces Armées de la RD Congo). Gardé aussi au secret depuis son interpellation jusqu’à son transfert, le 27 décembre 2006 au CPRK, Ntembe ne connaît, à ce jour, le motif de son emprisonnement. Depuis trois mois, il n’a également jamais été présenté à un juge. Ces quelques cas qui ne sont pas limitatifs, illustrent à suffisance, le calvaire de tout ceux qui osent – journalistes en tête - dénoncer les multiples visages du système de prédation que vous avez, tous les trois fustigé et promis de combattre. Dans son discours d’investiture, le président Kabila, parlant de la justice justement, avait dit : « l’appareil judiciaire congolais doit effectivement être réhabilité dans son rôle de dire le droit en toute indépendance. La justice doit lutter contre la puissance d’argent, des tribus, des familles, d’amitiés qui paralysent et asservit le magistrat et l’éloigne de son devoir ». Suivant en cela le Chef de l’Etat, le premier ministre Gizenga, présentant le programme de son gouvernement, avait renchérit en disant : « j’engage le ministre de la justice à accélérer la mise en œuvre des réformes qui garantiront l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi le contrôle et la souveraineté du peuple sur ce pouvoir ». Excellences, Honorable président, Il est vrai que les journalistes ne sont pas toujours des enfants de cœur. Certain d’entre eux commettent parfois des fautes dans l’exercice de leur profession. JED estime que les menaces, les bastonnades et les peines d’emprisonnement ferme ne sont pas la solution dans un pays démocratique. En effet, la prison n’a jamais changé un mauvais journaliste nulle part au monde, au contraire elle fait de lui un faux martyr de la liberté de la presse. De même, un bon journaliste envoyé en prison pour son travail n’a jamais renoncé à son travail. C’est pourquoi, à l’instar des reformes que nécessitent d’autres secteurs de la vie nationale pour répondre aux exigences de la trilogie « Bonne gouvernance, démocratie et respect des droits de l’Homme » qui constituent le socle de votre mandat, JED vous convie à un travail de réforme du cadre juridique de l’exercice de la liberté de la presse en RDC. La principale réforme est celle qui touche à la loi N° 96/002 du 22 juin 1996 portant modalités d’exercice de la liberté de la presse en RD Congo. Il s’agira :
 
• de légiférer autrement sur les conditions de viabilité économique des médias en tant qu’entreprises techniques, communautaires ou commerciales dont la mission est la production d’une marchandise périssable appelée information. C’est le début d’un journalisme de qualité ;
 
• de dépénaliser les délits de presse tels que la diffamation, les fausses nouvelles, les offenses aux autorités ou aux institutions, etc. En effet, beaucoup de pays africains se sont déjà engagés sur cette voie. La RD Congo continue à traîner les pieds, en dépit de la volonté manifestée par la corporation des journalistes congolais dans la restructuration de leur profession par la mise sur pieds d’une instance d’autorégulation chargée de faire la police de l’éthique et de la déontologie dans la pratique du métier de journaliste et d’en sanctionner les manquements. Le cordon ombilical existant, à ce jour, entre la loi particulière sur la presse et le code pénal -qui soit dit en passant est un héritage des années de la dictature - doit être rompu. Pour ne prendre que l’exemple de la diffamation, la loi sur la presse renvoie au code pénal et ce dernier ne lie pas le juge à la véracité ou la fausseté des faits avancés. Seuls comptent l’honneur et la considération bafoués de la personne qui se plaint.
 
• De remettre la future instance de régulation des médias dans son rôle original et de faire restructurer, par les professionnels des médias eux-mêmes, l’instance d’autorégulation de la profession en lui donnant des pouvoirs légaux pour connaître et sanctionner des manquements à l’éthique et la déontologique du journaliste. En effet, sous la transition, l’instance de régulation était, à la limite, un monstre juridique concentrant entre ses mains les pouvoirs de régulation, d’autorégulation et même des cours et tribunaux ;
 
• D’inclure dans la loi sur la presse un chapitre sur la transparence. En effet, la Bonne Gouvernance dont la transparence constitue la pierre angulaire ne peut devenir une réalité que si une loi sur la transparence et l’information publique fait obligation aux gestionnaires publics et privés à tous les niveaux de divulguer au maximum toutes les informations non couvertes, de par la loi, par le secret pour les seules raisons d’intérêt général du pays. L’autre réforme, abordée déjà par le premier ministre dans son discours devant l’Assemblée Nationale, est celle des médias d’Etat, et partant de l’audiovisuel privé. A ce sujet, JED estime qu’il est urgent :
 
• D’engager une réflexion nationale pour transformer la radiotélévision d’Etat en une radiotélévision publique par la reforme des lois portant organisation et fonctionnement de la radiotélévision publique et statut de son personnel. Cette réforme devra concerner le mode de désignation de ses dirigeants, celui de son financement qui devra assurer son indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques ainsi que son mode de rendement des comptes au public sans distinction de courant de pensée. A JED nous restons convaincu que les dérapages déplorés lors de la dernière campagne électorale, l’ont été parce que la Radiotélévision d’Etat n’a jamais été au service de tous poussant ainsi tous les acteurs politiques nantis de créer leur propre RTNC avec, malheureusement, les mêmes tares ;
 
• D’engager également une réflexion nationale et des réformes quant aux médias appartenant à des hommes politiques ou partis politiques sans, évidemment, renoncer au sacro-saint principe de la liberté d’entreprise, même dans le secteur des médias en tant qu’entreprise, reconnu à tous et à chacun dans une économie libérale. L’objectif ultime de toutes ces propositions de réforme du cadre juridique de l’exercice de la liberté de la presse est de garantir non seulement le professionnalisme des médias mais surtout leur indépendance. Cette indépendance ne devrait pas être l’affaire des seuls journalistes. Tous les pouvoirs publics, la justice en tête, devraient s’assurer que rien n’empêche les professionnels des médias de rechercher toutes les informations - même celles volontairement ou pas cachées - à même de faire avancer le pays sur la voie de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’Homme. C’est aussi à cette condition que la fin de la récréation décrétée par le Chef de l’Etat deviendra une réalité et non une simple rhétorique.
 
Veuillez agréer, Excellences, Honorable président, l’assurance de notre haute considération.
 
TSHIVIS T. TSHIVUADI DONAT M’BAYA TSHIMANGA
 
Secrétaire général Président (Journalist En Danger)
 
Copyrights JED.