Congo Horizons

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Etienne Tshisekedi parle de Laurent Désiré Kabila
 
A visionner sans commentaire! Prophète, Visionnaire??? A vous de juger!!!
 


Ex-Jeune Turc de l'Union Sacrée de l'opposition radicale, Tshiyoyo Mufoncol se confie à Congo Horizons!!!
 
Propos recueillis par Grégoire WATUPA
www.congohorizons.co.uk Mardi 04/09/2007


 
Tshiyoyo Mufoncol, un nom qui avait fait tache d’huile à l’époque de la CNS et de l’Union Sacrée au Zaïre/Congo, pourriez-vous reparler de vous ?

Se battre pour une nation « congolaise » souveraine, pour la dignité et ’honneur du citoyen congolais, pour « un projet d’une vie humaine plénière », est un combat digne d’être mené et auquel il est sensé de consacrer sa jeunesse et dédier sa vie. Notre engagement se résume en trois questions, à savoir « qui sommes-nous et où en sommes-nous dans le présent ? Que nous voulons-nous devenir ? Et que faut-il espérer ? »

Nous avons été de toutes les batailles politiques et sociales d’avant, pendant et de l’après CNS (Conférence Nationale Souveraine), de l’implantation de l’UDPS pendant la période de sa clandestinité à sa naissance, de toutes les tractations qui ont conduit à la naissance de la Société Civile au Zaïre/Congo et à sa lutte pour la conquête de l’organisation de la CNS et de l’expression d’une opinion nationale déliée. Ce noble combat nous a conduit à la présidence de la Société Civile de Kinshasa.

Nous avons en outre participé à la naissance et au combat de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale au sein de laquelle nous avons été l’un des membres influents du groupe dénommé « Les jeunes turcs de l’opposition radicale» et de bien d’autres commissions; nous avons aussi été un des membres influents du mouvement dit de « la Dynamique de la Salle » à l’intérieur de la Salle du Congrès du Palais du Peuple lors des travaux de la CNS. C’est une façon d’affirmer que nous avons été au four et au moulin pour orienter et changer le mouvement de la Salle du Congrès où se tenaient les travaux de la CNS en vue de faire élire le Vieux, entendez ici Monsieur Etienne Tshisekedi, comme premier ministre issu de la Conférence Nationale Souveraine.

Il faut ici souligner que la Salle du Congrès du Palais du Peuple fut acquise à la cause de Mobutu et de son camp au début des travaux de la CNS. Mais elle a fini par vibrer au rythme de la Société Civile acquise au changement et de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale. La salle votera dans sa majorité pour le Vieux et ce malgré l’argent qui y a circulé. L’histoire témoignera un jour de ce qui s’y est réellement passé en vue de l’élection du premier ministre Etienne Tshisekedi Wa Mulumba à la CNS.

À la fermeture de la CNS par la bande à « Mutoto wa mama Jean de Dieu Nguz » qui était encouragé et soutenu par Honoré Ngbanda, nous avons pris part et de manière active à côté de noms tels qu’Abbé José Mpundu, pour ne citer que son cas, membre influent du groupe AMOS, à l’organisation et à la matérialisation de la journée historique du 16 février 1992. Cette journée restera graver dans les anales de la République Démocratique du Congo. Elle devra figurer dans les manuels scolaires au Congo et enseignée à la jeunesse congolaise pour qu’elle intériorise les vertus de la solidarité nationale et l’exigence de sacrifice pour la défense de ses droits et celle de la terre de ses ancêtres.

Nous profitons de l’occasion qui nous est offerte à travers cette interview pour rendre un vibrant hommage aux abbés de toutes les paroisses de la ville de Kinshasa, aux pasteurs de l’église protestante, aux responsables et autres animateurs de l’église Kimbanguiste et autres chefs spirituels des différents groupes de réveil charismatique sans lesquels cette journée n’aurait pas connu son ampleur. Les jeunes abbé congolais de l’époque ont non seulement conduit la marche après le culte mais ont accueilli les blessés et les morts de cette journée. Que l’on se remémore toujours de ceux qui tombent pour la cause nationale, qui meurent pour les autres. L’union sacrée fut totale entre les forces vives de la nation, les partis politiques membres de l’Union Sacrée de l’opposition Radicale (USOR) et la Société Civile. C’est avec larmes aux yeux pour avoir été l’un de ceux qui se sont dépensés pour la matérialisation de cette journée et l’avoir vécue de l’intérieur comme acteur pour le compte de la Société Civile de Kinshasa et en tant que membre du bureau exécutif de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale.

Les détails des opérations « villes mortes » n’échappent à notre connaissance. De rencontres à l’intérieur des locaux du Centre Culturel Américain à Kinshasa, dans les du bureau du feu architecte Tala-Ngayi et dans ceux de François Kandolo non loin de l’Hôtel de ville de Kinshasa… en passant par la rédaction et la distribution des tracts, la collecte de fonds et l’impression desdits tracts chez les différents imprimeurs disséminés à travers la ville de Kinshasa. Une journée 16 février 1992 bis est encore possible aujourd’hui au Congo.

Après la CNS alors que la famille politique de Mobutu lançait les Forces Politiques du Conclave, les FPC en sigle, en signe du désaveu des conclusions de la CNS, nous avons été désigné comme deuxième secrétaire rapporteur de la délégation de l’USOR aux concertations politiques du Palais du Peuple qui a réuni d’un côté les FPC conduites par Jean de Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond et de l’autre, l’Union Sacrée de l’opposition Radicale sous la direction politique du feu Roger Gisanga membre et représentant de l’UDPS aux concertations politiques du Palais du Peuple. Le Bureau de la délégation de l’USOR fut composé de Roger Gisanga (UDPS) comme président de la délégation, de Me Gérard Kamanda Wa Kamanda (FCN) comme porte parole de la délégation, de Sylvain Kamany (UDPS) 1er secrétaire rapporteur et de Tshiyoyo Mufoncol, deuxième secrétaire rapporteur (membre et président de la Société Civile de Kinshasa).
 
De ces concertations politiques sortira Léon Kengo Wa Dondo comme premier ministre en lieu et place de Tshisekedi. L’Union Sacrée fut composé d’hommes politiques « peureux ». Certains d’entre eux, faute de courage politique et de dignité d’homme tout court, évitaient de participer aux réunions du bureau exécutif de l’USOR chaque fois qu’il était question de se prononcer ou éventuellement de donner un avis quelconque autour de la personne de Tshisekedi. Ils s’excusaient souvent pour ne pas y prendre part prétextant soit une indisposition d’un membre de leurs familles soit les enfants à récupérer à l’école. Toutes sortes de raison avancées pour éviter d’être qualifié d’anti-Tshisekedi au cas où le bureau se adopterait une attitude opposée à celle de Tshisekedi.

Lors d’une réunion de la délégation de l’USOR au Palais du Peuple après la suspension des travaux suite à l’impasse créée par le rejet des FPC de la candidature de Tshisekedi présentée par l’USOR comme Premier ministre, les membres de l’USOR qui étaient présents à cette rencontre ont mis du temps à décider de la suite des travaux voire de constituer une simple délégation pour se rendre à Limité et expliquer de vive voix à Tshisekedi le refus des FPC d’accepter sa candidature et profiter de l’occasion pour suggérer une alternative. Quelques voix audibles, les mêmes souvent, s’élevaient dans la salle pour menacer des représailles physiques les membres de la délégation qui s’exprimeraient contre la candidature de Tshisekedi. Certains ont même cru que c’était Tshisekedi qui commanditait ces menaces proférées à leur endroit par ceux qui se réclamaient de lui. Ce qui était tout faux pour avoir discuté de ce sujet avec le Vieux
Nous avons donné à qui de droit l’information autour de la naissance de la plateforme politique dénommée URD qui allait présenter la candidature de Léon Kengo Wa Dondo aux FPC à la place de celle de Tshisekedi avec la complicité de quelques membres de l’USOR.
 
L’intéressé se contentera de nous répondre avec une assurance qui nous a un peu surpris que « Kengo n’allait pas prendre le pouvoir » alors que le processus de sa désignation était déjà enclenché. Il a suffi d’une simple reformulation d’une phrase en permutant une virgule d’un lieu à un autre au sein de cette même phrase complexe pour que Léon Kengo soit désigné à la place de Tshisekedi comme premier ministre par le HCR-parlement de transition sans même que l’USOR à la tête de laquelle trônait le feu Kibassa Maliba ne soit en mesure d’arrêter cette « nomination ».

Avec tout ce que nous avons connu et vécu lors des concertations politiques entre les FPC et la délégation de l’USOR, rien n’allait plus être comme avant. Nous devons « exister » politiquement par nous-mêmes pour prétendre influencer quoi que ce soit. Ne plus servir de marche à pied à qui que ce soit. Notre première réponse fut la naissance de ce que nous avions à l’époque dénommé La Nouvelle Classe Politique, la NCP en sigle. Elle exprime en soi notre rébellion annoncée, notre refus d’être chosifié. Mais le mouvement n’a pas pu faire long feu d’abord par manque d’engagement de certains de ses animateurs et ensuite, nous nous trouvions nous –mêmes à Boston aux États-Unis où nous prenions part à une conférence sur l’après Mobutu organisée par quelques éléments du groupe qui allait devenir plus tard l’AFDL. La Nouvelle Classe Politique, sans avoir trahi nos convictions politiques et philosophiques, il faudra la souhaiter dans le contexte de sa naissance, nous a permis d’affronter à notre risque et péril l’UDI (L’Union des Démocrates Indépendants) et l’URD (les Kengo’s boys) et ce que nous qualifions de « la vieille gloire » mobutiste.

À l’arrivée de l’AFDL, nous avons publié un pamphlet politique dans lequel nous annoncions non seulement la mort programmée de Laurent Désiré Kabila mais nous lui demandions de compte au sujet de la nature du contrat signé entre lui et l’AFD à Lemera.
On voyait mal comment ses parrains tutsis allaient quitter le Congo sans qu’ils l’aient emporté avec eux. Et comme réponse à cette diatribe, ses sbires arrêteront et inculperont le feu Bosange Yema, patron et éditeur du quotidien L’ALARME dont le péché fut d’avoir diffusée à la Une de son journal notre pamphlet en soulignant que l’excuse du provisoire était une manœuvre de la tyrannie pour se faire accepter. On misait ainsi sur la lassitude instaurée par la durée.

Nous ne cesserons de rendre un ardent hommage à ce digne fils du pays Bosange Yema mort à Brazzaville suite au mauvais traitement enduré lors de sa détention alors qu’il nous a rejoint en exil à Brazzaville après s’être évadé de la prison de Makala.
Que son âme repose en paix !

A lire vos écrits sur différents « websites », vous semblez ne plus épouser la tactique politique de Mr. Etienne Tshisekedi, alors votre idole politique. Comment expliquer cette volte-face ? Par ailleurs, comment aviez-vous jugé son récent voyage en Belgique, effectué en catimini ?

Nous sommes de ceux qui croient que les Congolais doivent cesser d’attendre tout de Tshisekedi. Le Vieux a accompli une immense tâche celle qui consiste à engager et à orienter le bateau Congo qui vogue au gré de vague en ce moment même au milieu de l’océan vers une terre connue. Tshisekedi a tout donné, le meilleur de lui-même. L’homme a souffert dans sa chair sans voir ses enfants grandir à ses côtés comme tout bon père l’aurait souhaité. Tshisekedi vit en exil dans son propre pays.

À une époque récente de l’histoire de notre pays, nous l’avons non seulement fait élire comme premier ministre à la CNS mais nous avons aussi fait partie de ceux qui ont milité en faveur de sa désignation comme chef de fil de l’Opposition au Congo. Et aujourd’hui, on a le regret de constater que ceux qui ont pris notre relève dans cette bataille du Congo l’ont fait asseoir sur un même banc aux côtés du fils de Bemba Saolona et d’un autre monsieur nommé « Joseph Kabila ». C’est tout simplement une insulte à l’homme et à son combat.

La question qui devrait se poser aurait été de savoir si les Congolais avaient réussi à appréhender le message délivré par Tshisekedi. Ca pourrait aussi être son contraire que Tshisekedi ne se fasse pas bien comprendre par les siens. Comment répondre à un peuple dont la compréhension ne suit pas les actions du leader ? Faut-il donner son sang pour sauver son peuple sans que ce dernier ne soit en mesure de saisir la portée de cette mort? Les voix risquent de s’élever pour dire que nul n’est prophète chez lui. Mais le sens du combat de Tshisekedi réside dans sa réponse à la question qui lui fut posée par Monseigneur Monsengwo alors président de la CNS qui lui demandait de dévoiler son programme politique avant son élection comme premier ministre face au candidat du pouvoir Thomas Kanza. . Tshisekedi répondra « CHANGEMENT ». Que voudrait-il dire par ce vocable qui est en fait tout programme politique et culturel. Si les Congolais avaient compris le sens et le poids de ce concept, ils ne seraient pas là à choisir entre « la peste et le choléra » ni à courir près d’autres religions.

Le genre de combat mené par Tshisekedi s’inscrit dans la durée pendant que beaucoup cherchent à palper le résultat dans l’immédiat sans effort et sans souffrance. Cette bataille ne devrait pas non plus être partisane, engageant un parti politique quelconque. Se battre pour l’identité d’un peuple dépasse le cadre d’un parti politique pour être celui d’une rencontre d’un homme avec son peuple. Gandhi et Martin Luther King ont eu à mener ce genre de combat bien que dans des contextes différents. La nature de cette bataille demeure inchangée. Il est question de « délivrer » un peuple du joug de la domination, de l’arracher des mains de forces transfuges qui détruisent et dénaturent des vies humaines. Tshisekedi devrait quitter l’UDPS pour appartenir à son peuple et incarner son âme. Son combat engage l’ « Homme Congolais ».

Mais il est à souligner que cet « Homme Congolais » n’existe pas. Il est à créer. Celui qui vit actuellement sur cette terre appelée Congo possède une double identité. Il se définit avant tout comme Ngbandi, Ne- kongo, Katangais, Kasaïen ou Luba, Tétéla, Mongo, Mushi… la liste est bien longue ; Il se dit appartenir à un groupe reconnu soit comme swahiliphone, soit Ana mongo…avant et en lieu et place de se reconnaître comme congolais tout court. Dans son interview à RFI que le journal congolais en ligne congoindependant.com a mis à la disposition de ses lecteurs, Ne Muanda Nsemi, le leader du mouvement Bundu Dia Kongo, déclare ce qui suit : « Nous revendiquons qu’on puisse abolir toutes les frontières coloniales en Afrique centrale et transformer toute l’Afrique centrale en un seul pays de type fédéral, parce que quand cela sera fait, les Bakongo qui sont en Angola, qui sont au Congo-Brazzaville et au sud Gabon seront réunifiés. (Jeudi 6 mars 2008 © Congoindépendant 2003-2008)

Son message rejoint celui de Kagamé et s’adresse aux Bakongo au-delà des frontières de la République Démocratique du Congo. Ce qui fait dire au sénégalais Mazide N’Diaye que « L’Afrique n’est pas un pays et aucun des pays africains n’est un pays dans le sens ou les habitants souhaitent vivre ensemble et travaillent pour consolider cette vie commune. Les africains n’ont que très peu contribué à la définition de ce qui est aujourd’hui le pays de chacun d’eux. Ce sont des populations qui ont des langues et des cultures différentes qui ont guerroyé jusqu'à ce que les européens et les arabes, profitant de cette instabilité et disposant d’une avance technologique importante viennent s’approprier leurs territoires respectifs ».

C’est là l’une des difficultés majeures de l’accomplissement de la lutte de libération d’un peuple « fictif » qui n’a pas conscience de former ou de fonctionner comme un tout indivisible. Pendant que les uns se battent pour la République Démocratique du Congo, les autres conjurent son émiettement même si cela servirait les causes des vautours infatigables autour de l’armure Congo.
Pour « faire communauté et produire la vie », le RAP propose un nouveau contrat social fondé sur un pacte de sang entre les différentes ethnies appelées à constituer le Congo ou la nation congolaise. Achille Mbembe souligne dans un entretien intitulé « Héritage du mouvement nationaliste et pensée du soulèvement » que « l’invention d’un imaginaire alternatif de la vie, du pouvoir et de la cité exige la remise à jour des solidarités transversales, celles qui dépassent les affiliations claniques et ethniques » (africulutures.com, 17 avril 2008). L’expérience actuelle du Congo oblige à revisiter sa fondation. Le Kivu fait partie du territoire national congolais.
 
Cette région du Congo vit sous occupation étrangère alors que les autres provinces du même Congo et ses « habitants » « congolais » par excellence se vaquent à leurs occupations comme si rien n’était.
Il nous est arrivé à entendre de nos propres oreilles les déclarations d’un homme politique congolais décédé aujourd’hui qui affirmait publiquement que « Tshisekedi est un muluba et que nous, (c’est lui qui le disait à l’arrivée d’Abdoulaye Wade alors membre de l’opposition sénégalaise à Kinshasa), nous ne battons pas pour donner le pouvoir à un muluba ».

Nous présidons aujourd’hui aux destinés d’un mouvement politico-militaire dénommé le Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC, R.A.P. Il s’est donné comme objectif la conquête du pouvoir politique au Congo par tous les moyens y compris la violence armée. De la « grève morale » qui consiste à « sortir, en toute conscience, de la sorte de prison mentale dans laquelle les régimes oppressifs encasernent leurs sujets » au refus « d’adhérer aux pseudo-valeurs telles que la hargne, le mensonge institué, la fourberie, la loi du ventre et des fétiches, la faconde imbécile, le masque de notabilité sous les devers de la vénalité » ; Le recours à l’« insoumission éthique » et à l’appel à la « dissidence culturelle ». Pour le RAP, le soulèvement pousse l’homme congolais à « devenir libre, à être par et pour soi, à se constituer en tant que sujet humain responsable devant soi, devant les autres et devant les nations ». A chacun donc son combat, à Tshisekedi le sien et à nous, le nôtre. De la somme de tous ces combats jaillira le Congo nouveau.
Le Congo connait ce que maints congolais qualifient d’occupation sous l’hégémonie tutsie. Quelle est votre perception de cet enjeu politico-stratégique dans les pays de grands-Lacs ?

Ce qui arrive au Congo est le résultat de la turpitude de sa classe politique. Ce sont des congolais qui composent avec ces gens auxquels votre question fait allusion. Ce sont des congolais qui ont signé les accords de Sun City et ne se gênent pas non plus à les justifier. Tshisekedi les a aussi faits contresignés par Valentin Mubake alors que nul n’ignorait qui était et est le nommé « Joseph Kabila ». Mais beaucoup, pour des raisons de la mangeoire, ont fini par accepter et acceptent « l’inacceptable ». Pourquoi s’en plaindre, alors ? Jean Pierre Mbelu s’interroge dans un article dont le titre est assez révélateur : « Et si les Congolais étaient des sado -masochistes qui s’ignorent ? » (congoone.net). Il écrit, on le cite :
Eprouver du plaisir à se faire souffrir en empruntant et/ou en choisissant des voies ne menant nulle part dans le but de donner la grande démonstration des victimes d’un grand complot international, tel nous paraît le fond du jeu auquel se livrent des franges importantes de notre peuple. Elles ont, à travers les médias, clamé tout haut qu’elles étaient contraintes de choisir entre la peste et le choléra. Sans qu’elles disent quelle autre épée de Damoclès pesait sur leur tête en dehors des stratégies de mort concoctées dans les bureaux climatisés de Bruxelles, Paris et Washington et présentées sous forme d’un impératif auquel elles ne pouvaient se soustraire…

Que penser lorsqu’on lit des phrases telles que « personne ne pourrait en revanche nier que cet homme a été le seul citoyen de ce pays à s’élever contre les pseudos libérateurs en créant le Mouvement de libération du Congo (MLC). Certes, il avait sollicité l’aide d’un pays voisin en l’occurrence l’Ouganda. N’empêche que...”. C’est comme quelqu’un qui dirait : on s’en fout des morts occasionnés par les armées ougandaises et rwandaises qui se sont affrontées à Kisangani et ont tuées par milliers des citoyens congolais qui n’ont pas eu à être protégés part les leurs au nom du soutien apporté à certains congolais pour la défense des privilèges de leurs parents. Qui peut expliquer que les tutsis qui sont des bras armés de leurs maîtres, et que les Congolais ne cessent de vilipender du jour au jour, soient les mêmes vers qui les fidèles de Mobutu se tournent, et toute honte bue, pour quémander le pouvoir perdu après que les Tutsi aient chassé du pouvoir leur parrain le Maréchal Mobutu. Ca ne va pas non !

Nous refusons de nous plaindre en pointant toujours du doigt les autres, les Tutsis bien qu’ils accomplissent un sale boulot aux conséquences graves. Ces gens auxquels votre question fait allusion s’adaptent à leur environnement en vue d’assurer leur survie. Bien que manipulés, ils consentent de jouer le jeu aussi longtemps qu’il leur soit profitable. « Il y a bien longtemps, [écrit Alain Mabanckou] que la pitié du Nègre ne mobilise plus l’altruisme. Son salut n’est pas dans la commisération ni dans l’aide » (Mabanckou, 2007 : 159). Attendre un secours de l’extérieur signifie déjà signer son arrêt de mort et refuser de vivre. Au nom de quoi un voleur dont l’intention est de volé devrait manifester de pitié envers sa victime alors dont l’absence de protection favorise son crime. En attaquant les Congolais et en s’emparant du pouvoir au Congo à leurs détriment, les tutsi démontrent qu’ils ne pourront jamais être congolais. Personne ne menace les Tutsi au Congo sinon ils ne seraient pas au pouvoir. Cessons de pleurnicher et d’accuser les Tutsi. Le Congo demeurera une belle femme enviée. Et si elle ne peut se défendre seule, la victimisation est le propre de ceux dont l’existence est niée. Il est temps d’apprendre à être héroïque à l’instar des autres peuples…

A en croire certaines sources crédibles, Mr TM et ses compères seraient en tractations avec l’un des pays africains, pour ne pas citer le Soudan, en vue d’organiser une base-arrière qui servirait d’attaque contre le pouvoir de l’imposteur investi à Kin. Qui dit mieux ?

A vouloir démentir une rumeur, on court le risque de l’affirmer, dit-on !
Il y a plutôt deux façons de cuire une omelette. Soit, on la fait grande avec tous les ingrédients possibles, ce qu’il convient dans notre jargon « une grande omelette ». Soit, on la préfère petite, dénommée ainsi « petite omelette » dans notre discours. La « petite omelette » bien que moins compliquée à faire requiert tout de même de l’attention du cuisinier.

Dans les deux cas de la « petite » comme de la « grande omelette », les Congolais ont besoin « d’africaniser » leur combat en s’assurant de la neutralité de leurs voisins. On dit bien « neutralité » et non implication directe des voisins du Congo dans ce qui a beaucoup de chance d’être réalisé sous peu. La démarche africaine du combat congolais est une invitation à l’Afrique à faire confiance aux Congolais résolument décidés à reprendre la gestion de leur terre pour servir au développement de l’Afrique toute entière et non des intérêts d’une minorité tournée vers des tiers.

Il est vain de ne pas avouer notre fréquentation de l’Afrique. Mais de là à citer le Soudan comme base arrière équivaut à ignorer le sens même de notre démarche. On se souvient encore de la fameuse AFDL et de l’affrontement de deux armées ougandaises et rwandaises à Kisangani au nom du soutien accordé aux marchands de mirage pour commettre les mêmes balourdises.

L’opposition armée et celle dite non- armée, laquelle vous semblerait adéquate et efficiente pour combattre le régime Rwando-Kabiliste installé à Kin ?

C’est une question à la fois déontologique et politique. Il appartient aux Congolais de réaliser le passage de la révolte passive à une organisation « plus systématique et plus structurelle d’une violence dirigée ». Cette transformation exige des sacrifices énormes. Notre combat consiste à préparer le peuple congolais au sacrifice suprême pendant que nous nous lançons dans cette conquête qui requiert notre sang correspondant le mieux à notre affranchissement. La défense de la liberté et de la terre Congo n’ont pas de vrai prix. Ezali nde likambo ya mabele… si les Tutsi sont capables de mourir pour le petit Rwanda, on s’étonne que les Congolais ne le soient pour cet immense Congo. Ceux qui bâtissent et écrivent leur histoire, celle qui les concerne, se gênent de périr malades, de faim, en train de fuir la guerre. Ils meurent armes à la main. Ainsi sont morts et meurent les hommes dignes de ce nom.

Prenez-vous au sérieux les déclarations que fait le leader de l’apareco, Mr H. Ngbanda vis-à-vis du pouvoir de Kin ?

Il faudra être aveugle pour ne pas apprécier l’apprentissage de l’opposition par Honoré Ngbanda. Il est à constater, et avec joie, que l’homme apprend vite même s’il se trouverait encore au stade de la théorisation de sa lutte. Beaucoup d’autres ont déjà dépassé ce stade dans le cadre du STOP de l’Union Sacrée où ils fourbissaient leurs armes.
Tout en lui souhaitant le bienvenu et plein succès dans ce combat qui requiert des bras, on voit mal comment l’homme pourrait se défaire de ses « parrains » occidentaux les mêmes qu’il dispute avec le pouvoir en place.

Dans Crimes Organisés en Afrique centrale, Honoré s’attaque et dénonce avec véhémence, ce qui est à saluer en plus, l’impérialisme américain et Belge mais il dispense la France de ses critiques. Pour tout lecteur intéressé, une question revient aux lèvres. La France serait-elle moins impérialiste que les deux autres susmentionnés à savoir la Belgique et les USA que l’écriture d’Honoré jette en pâture ? On aurait bien souhaité être informé du pourquoi de ce silence sur la France qui comporterait des points d’ombre. La France serait-elle le soutien ou l’allié protégé d’Honoré Ngbanda alors que cette même France camouffle son soutien et protège le régime pro-Kagamé en place au Congo.

Si le feu Marechal était encore vivant, il aurait dit à Ngbanda quelque temps avant sa mort ce qui suit « cette nuit avant que le coq chante tu m’auras renié trois fois ». On reproche à Honoré le fait d’avoir traité Mobutu de dictateur dans son ouvrage Ainsi sonne le glas. La loyauté, dit-on et quel que soit le moment ou la situation dans laquelle on se trouverait, est une qualité en politique. Que Mobutu ait été « dictateur » ou pas, il y a des gens dans son entourage direct qui devraient courageusement assumer le passif au lieu de tomber dans les lieux communs.

S’en prendre au régime en place à Kinshasa piloté par le nommé Joseph Kabila équivaut à combattre les autres mobutistes reconvertis au « kabilisme » piliers du nouveau régime. Honoré Ngbanda dénonce ce groupe de mobutistes qu’il n’a jamais su dominé à l’époque de son pouvoir à côté du Maréchal dans son livre Ainsi sonne le glas. Mais ce camp adverse gouverne le pays avec ce jeune homme. Serait-il prêt à affronter le reste du groupe de Binza et leurs protégés. Ce qui risque d’apparaître comme un simple slogan lancé par Ngbanda constitue une menace contre les intérêts et autres privilèges de ces puissants qui légitiment par leur collaboration un régime honni. Honoré Ngbanda s’attaque au nommé « Joseph Kabila » mais n’élève aucune voix audible contre ces « mobutistes » piliers du régime dont les appétits ne se laisseront pas apprivoisés. Il n’y a pas de lisibilité dans le combat d’Honoré sauf que l’homme nourrit le peuple avec espoir de le pousser au soulèvement. C’est faire de Tshisekedi sans Tshisekedi en se présentant à sa place. On se demande quand le leadership congolais comprendra que le peuple a besoin d’être conduit, dirigé et nom qu’il soit le dirigeant.

Votre mot de la fin…
 
Il est urgent que l’enseignement au Congo cesse uniquement de pourvoir à la transmission du savoir et des connaissances. Outre cette nécessité, il est impérieux qu’il pallie à la formation des citoyens congolais ayant comme amour et passion le Congo de leurs ancêtres et prêts à se sacrifier pour sa cause. Les congolais doivent être imprégnés dès leur jeunesse de ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler « l’esprit mayi-mayi » qui a sauvé de juste le Congo de son atomisation programmée.

Par Gregoire Watupa
 
© Congohorizons, Jeudi 12/06/2008