L’occupation rwandaise assassine froidement la Sœur KAPALAYI à Kananga
Par gregoire, congo Horizons, Mercredi 08/02/2012
Sentant l’étau de libération se resserrer autour de sa cage thoracique, l’imposteur Rwandais au sommet de l’Etat congolais, pour ce qui en reste, vient d’immoler une sœur de couvent catholique en pleine journée à Kananga, au Kasaï-Occidental en RDC.
Selon notre source sur place à Kananga « Malandji wa Nshinga », les sbires du fils de Christophe Kanambe ont fait irruption le 06/02/2012 dernier dans le bureau de cette pauvre sœur où elle travaillait comme sous-préfet de l’école secondaire « Joana Coeli », aussi fameusement connue comme l’école secondaire Buena Muntu. Vers 13h locales, un homme non encore identifié s’est carrément résolu de poignarder l’infortunée dans le flanc gauche qui abrite la pompe de l’appareil circulaire – en plein cœur, tout en y logeant cette arme blanche (un gros couteau) sans toute autre forme de procès ! Dénuée de toute défense ni sécurité, la sœur Liliane KAPALAYI succomba sur- le-champ de suite d’une hémorragie due à la percée sans merci du couteau dans la pompe cardiaque en passant bien sûr par le lobe inferieur du poumon gauche !!!
C’est après tout un bout de temps que des curieux trouvèrent la servante de Dieu gésir dans un bain de sang, toute la partie métallique du couteau entièrement enfoncée dans la cage thoracique…Personne n’en revenait !
Des interrogations ne faisaient que fuser de partout…Quels sont les vrais auteurs et les commanditaires de cet acte crapuleux ? Pourquoi seulement elle et non les autres ? Qu’aurait-elle fait pour qu’elle mérite cet ignoble sort ? Bien des supputations semblaient se convergeaient vers le pouvoir en place. Etait-ce un message subliminal au clergé catholique surtout en ce moment crucial du combat que mène l’Eglise afin de réclamer la restauration de la légalité et de la légitimité du pouvoir issu des urnes ?
Pour beaucoup d’observateurs avertis, les mercenaires et les sbires de l’imposteur rwandais sont largués sur tout le territoire national afin d’intimider tous ceux qui oseraient braver l’occupation, peu importe leur statut social… La liste d’éventuels infortunés paraît non exhaustive ; à qui le prochain tour ?
Au moment où nous couchons ces lignes, l’Ecole Buena Muntu est restée fermée car tout le corps professoral est en fuite à la quête d’un refuge au siège de la fameuse Monusco…Car bien avant cet incident affreux, la Mère-Supérieure avait déjà été l’objet des menaces de la part de services de renseignements locaux, voire même, elle a été convoquée à l’Agence nationale de Renseignements (ANR). Prise de peur, la Mère-Supérieure qui est aussi Préfet titulaire de cette école de grand renom dans la province, avait carrément jugé bon d’aller se refugier dans les locaux de la Mission des Nations Unies (Monusco).
Qu’on se le dise : il y a péril en demeure. Que le peuple congolais se prenne en charge et se défende car plus personne n’est en mesure de lui garantir la sécurité et la protection de ses biens

Processus électoral en RDC: Experts électoraux internationaux exigent une évaluation générale du scrutin!
Par La tempête des tropiques, Jeudi 02/01-2012
Une «évaluation complète du processus » est envisagée par cette équipe qui continue à confirmer sa disponibilité à appuyer une telle opération au cas où son assistance serait sollicitée.
Dans un rapport rendu public le 25 janvier 2012, les experts électoraux de NDI et de l'IFES, invités par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en République démocratique du Congo, au début de cette année, pour apporter leur expertise au processus électoral en cours, ont recommandé une “évaluation générale du processus électoral en République démocratique du Congo “.
Pour y parvenir, conclut la mission conjointe, une participation significative de tous les acteurs concernés et l'accès à tous les matériels électoraux pertinents sont nécessaires pour une évaluation générale.
Le rapport est donc clair. Les experts électoraux internationaux sollicitent un recomptage “général “des voix pour les législatives ainsi que la présidentielle du 28 novembre 2011. Une conclusion logique aussi longtemps que les deux scrutins étaient couplés.
En effet, après avoir séjourné en RD Congo du 5 au 13 janvier dernier pour évaluer la faisabilité d'une évaluation des résultats des élections législatives du 28 novembre, ces techniciens étaient précipitamment rentrés à Washington sans voir totalement accompli leur mission.
Selon des sources, le manque de collaboration de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) serait la principale raison. Les données électorales à remettre aux experts étaient indisponibles.
Les experts avaient donc deux choix accepter aveuglement les données de la CENI sans possibilité de vérification, et conserver leur intégrité morale en pliant bagages. Finalement, ils avaient opté pour la dernière solution.
Selon William Sweeney, président de l'IFES, “l'équipe déterminera la disponibilité des données essentielles et des individus nécessaires pour une évaluation élargie du processus de compilation des résultats pour les élections du 28 novembre. L'équipe considérera également l'environnement politique dans lequel une telle évaluation pourrait être effectuée ”.
Quant au président de NDI, Kenneth Wollack, “le but de cette mission est de déterminer s'il est possible de vérifier les résultats des élections à travers une évaluation amplifiée des processus, et d'offrir des conseils sur la forme que cette évaluation pourrait prendre. Cette mission n'a pas pour but d'assister les autorités locales dans la compilation en cours des résultats des élections législatives ».
Par ailleurs, l'IFES et le NDI restent engagés à appuyer les efforts visant à assurer des élections crédibles et démocratiques en République démocratique du Congo. Ces organisations tiennent à remercier tous les acteurs consultés au cours de la mission pour leur disponibilité.
pans le souci de crédibiliser ce processus électoral, les dirigeants congolais concernés doivent s'impliquer de manière à rendre possible la prochaine mission des experts internationaux, consistant à l'« évaluation générale du processus électoral en République démocratique du Congo ».
Au cas où ils constituaient un obstacle à cette opération a crise de légitimité qui s'est installée au pays, risquerait de prendre une autre ampleur, au point de plonger la RD Congo dans le chaos.
Mais déjà, à voir l'attitude, affichée par le président du bureau de la CENI face aux mêmes observateurs lors de leur récente mission au Congo démocratique, l'évaluation générale de tout le processus ne sera jamais admis.
Car, elle pourra mettre à nu tous' les cas de fraudes, tricheries, irrégularités et autres griefs commis lors du vote et pendant les opérations de compilation.
Toutefois, si la CENI est véritablement une structure neutre, composée des hommes et des femmes intègres, et si elle a organisé ces élections en toute indépendance, elle ne peut pas refuser une opération de recomptage des voix qui, d'ailleurs, ne sera pas financée par la RDC, mais par les Américains via l'USAID.
Agence France Presse, Samedi 08/10/2011
L’arrestation en République démocratique du Congo (RDC) d'hommes armés soupçonnés d'appartenir à un groupe projetant "d'attaquer simultanément" six villes de RDC depuis le Congo voisin, est un "montage" pour "justifier la non tenue des élections en RDC", a déclaré samedi le ministre congolais de l’Intérieur.
"Cette attaque et ces arrestations sont un simulacre (des autorités de Kinshasa) pour justifier la non tenue des élections en RDC. Si ceux qui organisent ces élections ne sont pas prêts, ils n'ont qu'à dire qu'ils ne sont pas prêts. Cette attaque et ces arrestations ne sont rien d’autre qu’un montage", a déclaré le ministre Raymond Zéphirin Mboulou.
Des élections, présidentielle couplées à des législatives, sont prévues le 28 novembre en RDC.
Le ministre de l'Intérieur de RDC, Adolphe Lumanu, a affirmé dans un communiqué que vendredi vers 02H00 (01H00 GMT) "une bande d'éléments armés" en provenance de Loukolola au Congo-Brazzaville, a "franchi le fleuve (Congo) et attaqué la cité de Lukolela", dans la province de l'Equateur dans le nord-ouest de la RDC.
Selon M. Lumanu, les services de sécurité congolais "ont neutralisé cinq assaillants" détenteurs "de cartes de résidents au Congo-Brazzaville" et de 18 armes légères de types Kalashnikov et Uzi.
Selon M. Lumanu, les assaillants portaient sur eux "un ordre de mission signé Faustin Munene", un général retraité de l'armée de RDC arrêté en début d'année au Congo-Brazzaville où il est détenu depuis.
"Comment peut-on envoyer des assaillants avec un ordre de mission signé par le général Munéné qui est aux arrêts?", a poursuivi M. Mboulou.
Ex-chef d’état-major des forces aériennes congolaises sous Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph Kabila, l'actuel président de RDC, le général Munéné a fui la RDC à l'automne 2009.
La justice de RDC l’a condamné par contumace à la prison à vie. Il est également soupçonné par les autorités de RDC d'avoir été mêlé à l'attaque ratée de la résidence du président Joseph Kabila en février 2011 à Kinshasa.
© Agence France-Presse
Avec la rentrée politique de TSHISEKEDI, KAMERHE, BAHATI, TSHIBANGU KALALA … La vie politique reprend à Kinshasa

A plus ou moins 11 mois des élections générales, la cartographie politique du pays se dessine avec la résurrection des partis politiques et des personnalités. En effet, c’est après un profond sommeil politique que l’on voit des partis politiques, à la recherche des suffrages du peuple réapparaitre, et afficher leurs ambitions électorales.
Etienne TSHISEKEDI Wa MULUMBA, président de l’UDPS, est rentré la semaine dernière au pays où il a organisé le tout premier congrès de son parti, hormis la parenthèse du congrès organisé par le duo BELTCHIKA-MUKENDI. Ce congrès l’a confirmé au poste de président du parti et candidat pour la présidentielle de 2011. N’étant pas à sa première aventure de fait d’annonce qui finit toujours par un désistement, le leader de l’UDPS déclare qu’il ira, cette fois-ci, jusqu’au bout de son combat politique afin de présider à la destinée du peuple Congolais.
Vital KAMERHE a animé une matinée politique de son nouveau parti, l’Union pour la Nation congolaise (UNC) au cours de laquelle il a annoncé son départ du PPRD, libérant en même temps son mandat de député national obtenu sur la liste Pprd. Très vite, il a affiché ses ambitions présidentielles crachant sur son ascension politique derrière le président Kabila et le Pprd. Immédiatement après sa sortie officielle comme opposant politique, il a entamé une tournée en provinces par la ville de Goma, province du Nord-Kivu.
Oscar KASHALA et son parti, l’UREC, disparu de la circulation depuis la défaite électorale de 2006, se fait annoncer pour un retour au pays la semaine prochaine, avec certainement les mêmes ambitions électorales. Le député national TSHIBANGU KALALA n’est pas en reste. Son parti, Notre beau pays (NBP), a fait sa première sortie officielle dans la somptueuse salle Congo du Grand Hôtel Kinshasa, le mercredi 15 décembre. Quoique les ambitions politiques électoralistes du nouveau parti n’ont pas été clairement définies, nous apprenons que le député, auteur de la proposition de révision constitutionnelle, sera sûrement candidat président de la République, et il attend le moment opportun pour l’annoncer.
Modeste BAHATI LUKWEBO n’est pas en reste. L’ancien président de la Société Civile du Congo (SOCICO) et député national désormais reconverti en homme politique, vient de lancer officiellement son parti politique, l’Alliance des Forces démocratiques du Congo (AFDC). C’est depuis samedi 11 décembre dernier que ce nouveau parti a fait sa sortie officielle dans l’enceinte de la FIKIN. Ce parti membre de l’Alliance de la Mouvance présidentielle, AMP, a affiché ses ambitions politiques à tous les niveaux, mais soutenant, pour la présidentielle, le chef de l’Etat Joseph Kabila.
C’est aussi le cas de l’ancien mouvement rebelle du CNDP, transformé en parti politique, qui vient de rallier le camp présidentiel. Tout comme du parti de l’actuel ministre de l’Industrie, Anicet KUZUNDA MUTANGIJI, qui vient de hisser son drapeau au siège de l’AMP.
Au parti du vice-premier ministre NZANGA MOBUTU, on est catégorique : « NZANGA sera candidat président de la République ». Au MLC, l’absence de son leader pèse encore lourdement sur l’avenir de ce parti actuellement piloté par François MUAMBA TSHISHIMBI, son secrétaire général. Resté dans sa rhétorique de la négation du pouvoir Kabila dans leurs différentes prestations, les animateurs de ce parti semblent déborder par la dynamique politique actuelle dont, en définitive, ils risquent d’être les grands perdants par rapport à leur position actuelle de deuxième force politique du pays, et leader de l’opposition politique.
BUNDU DIA YALA (Ex-BUNDU DIA KONGO) qui n’a pas obtenu jusque-là un agrément, n’a pas encore dit son dernier mot. Son leader spirituo-politique, le député NSEMI, est bien visible ces derniers temps partout où les puissances renaissantes de l’opposition se retrouvent. C’est aussi le cas de bien d’autres présidents des partis dits de l’opposition, incapables de s’affirmer leader, que l’on voit courir à la recherche de messie de l’opposition.
Au PPRD où le secrétaire général est en même temps président de l’Assemblée nationale, on semble jouer à l’observation. En dehors des actions politiques animées à la base, aucune action d’ampleur ou déclaration n’est faite laissant l’exécutif de l’AMP réagir à toutes les attaques lancées contre le président de la République, le gouvernement et le PPRD par les nouveaux opposants. Est-ce une stratégie ou simplement la conséquence de la position du secrétaire général de ce parti à la tête de l’Assemblée nationale ?
Le même silence est observé au parti cher à Antoine GIZENGA, le PALU, qui se contente juste de laisser la base continuer à animer ses actions journalières dans certains coins de la ville.
Au parti Arc de KAMITATU Olivier, c’est la révocation du député Albert PUELA de ce parti qui a fait l’événement pour s’être déclaré candidat président de la République contre la position du parti qui a opté pour le soutien de la candidature du président Joseph KABILA.
Comme on peut le constater, la vie au sein des partis politiques congolais a bel et bien repris, et ce, en prévision des échéances électorales de 2011.
Charles Onana dans les coulisses de la démocratie et de la justice internationale Par Jean-Pierre MBELU, Samedi 04/12/2010 La croyance naïve en une démocratie qui soit un pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple a tenu la plupart d’entre nous en marge des coulisses de la démocratie capitaliste. « Fanatiques des élections », plusieurs d’entre nous questionnent rarement les intérêts politiques, économiques et géostratégiques que couvrent les fondations et les organismes occidentaux spécialistes dans « la lutte contre l’impunité » et dans « la promotion de la démocratie » qui envahissent les pays du Sud. Que valent les principes démocratiques dans un pays sous tutelle des ONG et d’autres fondations financées par les spéculateurs financiers occidentaux ? Où se jouent finalement les élections dans ce genre de pays ? Dans les urnes ? La lecture du dernier livre de Charles Onana (Menaces sur le Soudan et révélations sur le procureur Ocampo. Al-Bashir et Darfour. La contre-enquête, Paris, Duboiris, 2010, 475 p.) crée des doutes autours de certaines réponses faciles données jusque-là à ces questions. Il invite à repenser les politiques locales africaines, le panafricanisme, la justice internationale, etc. Il incite à rompre avec l’analphabétisme politique. Au cours de ses contre-enquêtes ( aux Etats-Unis, en France, au Soudan et au Canada) sur le thème plus que médiatisé de la planification du génocide contre les Tutsis au Rwanda et sur les menaces proférées contre le président soudanais Omar Al-Béchir, Charles Onana en arrive à pénétrer dans les coulisses de la démocratie made in Occident et dans celles de la justice (dite) internationale. Il le fait en « questionnant les motivations des « bienfaiteurs » médiatiques de l’Afrique » et en essayant d’interroger « les différents enjeux politiques, économiques et stratégiques qui se posent au Soudan (et ailleurs en Afrique) » (p.8) Que découvre-t-il ? Au sujet du Darfour, « j’ai découvert, écrit-il, que la compassion démesurée à l’égard des « Noirs du Darfour » masquait souvent mal un intérêt réel pour les richesses, notamment pétrolières et minières, du Soudan. » (p. 8) Mais aussi de ses pays limitrophes comme la RD Congo. Dans ses contre-enquêtes, Charles Onana est habité par plusieurs questions. « Je ne comprenais pas pourquoi, note-t-il, le président soudanais, seul, était couvert d’opprobre, alors que bien des tyrans peuplent la planète et trouvent grâce aux yeux des Occidentaux. Je me demandais aussi pourquoi certains dictateurs et certains criminels de guerre peuvent être accueillis avec tous les honneurs en Europe et sur le continent américain sans que jamais on les menace de procès ou de prison. » (p.9) Charles Onana questionne la politique de deux poids deux mesures. « J’étais intrigué, écrit-il, par cette volonté de faire arrêter et de voir juger absolument le président Al-Bashir alors que certains chefs d’Etat et de gouvernement occidentaux tels George W. Bush ou Tony Blair peuvent passer entre les mailles de filet. Pourtant, ces derniers sont à l’origine de l’agression contre l’Irak et de millions des morts chez les Irakiens ainsi que de milliers d’autres parmi les soldats américains et britanniques. » (p.9) L’étude du financement, du fonctionnement et des méthodes du TPIR et de la CPI aide Charles Onana à comprendre que ces juridictions n’obéissent pas aux exigences d’une justice universelle digne de ce nom.. La CPI présente les mêmes défauts que le TPIR. Pour cause. « Elle procède par une sélection politique et non juridique des accusés. (Le cas de Jean-Pierre Bemba est plus qu’éloquent.) Elle privilégie la partialité dans le traitement des accusés. Elle n’accorde que peu d’intérêt aux éléments de preuve dès lors qu’ils ne confirment pas ses préjugés de départ. Elle fabrique de faux témoignages et corrompt des témoins pour aider l’action du procureur. Elle agit sur recommandation ou sous influence politique de certains Etats et de certaines ONG. Elle manipule les dossiers judiciaires à des fins politiques et ce type de comportement est devenu une tradition- ou plus exactement un code de conduite – au cœur du bureau du procureur de la CPI. » (p.456) Au TPIR comme à la CPI, le préjugé, le parti pris et l’arbitraire l’emportent souvent sur la vérité et l’équité. Ces deux juridictions, sous couvert de la lutte contre l’impunité, se soumettent aux agendas cachés des « maîtres du monde ». Quel est leur objectif majeur ? « Leur objectif majeur est bien d’assurer l’impunité de certaines puissances et de leurs alliés impliqués dans les conflits armés tout en renforçant la politique d’injustice sur la scène internationale. C’est une manière grossière de recourir au droit pour régenter les relations internationales et surveiller l’émancipation des Etats du Tiers-Monde. » (p.464) L’évocation de la lutte contre l’impunité et la dictature sert de couverture à la propagande médiatique, indispensable à la manipulation de l’opinion publique. Les contre-enquêtes de Charles Onana le conduisent à soutenir qu’ « en réalité, ces juridictions ont toujours évité de mettre en cause ou de poursuivre certains dirigeants politiques des Etats influents comme des responsables de groupes économiques et financiers qui, au nom d’intérêts privés et souvent personnels, planifient et orchestrent la déstabilisation des Etats africains et des pays en développement. » (p. 465) Les dirigeants politiques du Tiers-monde au service de ces Etats influents échappent, eux aussi, aux poursuites de ces juridictions. Comment se fait-il que les fondements et les objectifs de ces juridictions internationales ne soient pas questionnés par le grand public en Occident et en Afrique ? Pour Charles, cela est lié au faible niveau de connaissance de la réalité politique internationale. Et « à force de suggestion, beaucoup finissent par intérioriser qu’il est davantage logique et légitime de poursuivre un dirigeant du Tiers-monde plutôt qu’un dirigeant occidental. C’est une affaire de hiérarchie et de complexes psychologiques. » ( p.465. Nous soulignons) Qui finance ces juridictions ? La CPI, par exemple ? L’Union européenne et des fondations privées. L’une des fondations appartient à un spéculateur américain George Soros. Officiellement, les soutiens à la CPI affirment lutter pour l’avènement de la démocratie et le respect des droits de l’homme. L’un des organismes dont l’UE se sert pour soutenir la CPI est l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (IEDDH). Il est censé travailler à la promotion de la démocratie et des droits de l’homme dans les pays autres que ceux de l’UE. « Cet objectif avoué, note Charles, est déjà troublant car il laisse supposer que « l’Europe démocratique » habitée par un élan de générosité extrême éprouve le besoin irrésistible de répandre « la liberté » ou « la civilisation » dans ces contrées presque « barbares » où règnent encore le chaos et la confusion. » (p. 467) Or, souvent, le chaos et la confusion sont les faits de tous ces organismes, pêcheurs en eaux troubles ! Que la fondation de George Soros Open Society Institute ait été soupçonnée d’être impliquée dans la soutien d’un candidat à la magistrature suprême en Guinée-Conakry au pire de la crise que ce pays a connue est révélateur de l’esprit dans lequel elle travaille. L’exemple du NED (National Endowment for Democracy) est encore plus que parlant. « Officiellement, le NED vise l’éducation et la formation à la démocratie à travers le monde. Ses ressources proviennent cependant des dons privés et surtout du Département d’Etat américain et sont votées par la Congrès américain. » (p.472). Quel est le problème ? « Le problème est que cette institution qui « éduque et forme à la démocratie » est une véritable machine de guerre contre tous les régimes qui déplaisent à Washington ou à Tel-Aviv. » (p.472) Elle a, en 2002, orchestré et financé un coup d’Etat contre Hugo Chavez, le président vénézuélien. Est-ce facile de déceler les liens entre les juridictions internationales, les intérêts des bailleurs de fonds qu’elles servent, la rhétorique sur la lutte contre l’impunité qu’elles débitent, les coups tordus qu’elles donnent aux « ennemis » de l’impérialisme intelligent, etc. ? Souvent, ce n’est pas facile. L’ignorance aidant (kozanga koyeba ezali liwa ya mobimba), rentrer dans le labyrinthe de ces organisations est une mer à boire. « Certains dirigeants africains et même certaines élites africaines se perdent dans le labyrinthe de ces organisations des droits de l’homme, leurs innombrables discours sur la bonne gouvernance, l’Etat de droit et la démocratie et leurs sponsors. Ils ne voient pas toujours les liens ni les objectifs politiques et économiques que toutes ces organisations partagent secrètement entre elles. Ils ne s’aperçoivent de rien avant d’être privés de leur liberté, de leurs abondantes matières premières et de ressources naturelles. » ( p.473. Nous soulignons) Comment, eu égard à ce labyrinthe, lutter pour l’autodétermination de l’Afrique, son indépendance et sa dignité ? Les dés sont-ils à jamais pipés ? Sur ces questions, Charles Onana n’est pas très bavard. Il invite à ne pas baisser les bras ; à distinguer, à la suite de Martin Luther King, « dans des montagnes de désespoir, un caillou d’espérance ». Mais en faisant quoi ? Peut-être en étudiant ce que les autres ont fait. Comment, Hugo Chavez, malgré l’implication du NED dans la coup d’Etat de 2002, a été reconduit à la tête du Venezuela et se maintient au pouvoir jusqu’à ce jour ? En demandant à l’Afrique, à ses filles et à ses fils, de financer eux-mêmes leur lutte d’autodétermination et d’indépendance. Après 50 ans de françafrique et de néocolonialisme, l’approfondissement des enjeux politiques, économiques et géostratégiques liés à l’expansion de la démocratie capitaliste devraient pousser les dignes filles et fils de l’Afrique-mère à douter des bonnes intentions dont l’enfer de cette démocratie est encore pavé. Le double discours de l’Occident civilisé et démocratique l’a décrédibilisé et disqualifié. Approfondir ces enjeux et partager cet approfondissement, créer des structures viables de financement de notre autodétermination (comme le Fonds monétaire africain en gestation), recréer l’école et l’université en prenant en compte plus de 50 ans de mensonge et de faux-semblants occidentaux aiderait l’Afrique à gagner prioritairement sa lutte d’autodétermination. Cela exigerait, peut-être aussi, d’identifier « nos alliés » parmi nos « multiples bienfaiteurs » dans cet Occident aux multiples faces. Il y va de l’efficacité du travail en réseau. Il est surprenant et de manière agréable de remarquer que Georges Clémenceau ait pu contredire, en bon humaniste, Jules Ferry énonçant le discours sur les fondements de la colonisation à l’Assemblée nationale française en 1885. Fondant la colonisation sur le droit des races supérieures à civiliser les races inférieures, Jules Ferry entendra Georges Clémenceau lui rétorquer : « Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation ! Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie. » (P. Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances, Paris, Fayard, 2010, p.140) Fort du soutien des grands intellectuels de l’époque (comme Victor Hugo), le projet civilisateur de Jules Ferry l’emportera sur le discours humaniste de Georges Clémenceau. La démocratie du nombre l’emportera sur le bon sens de la minorité parlementaire française. La France de Sarkozy s’alignant derrière l’impérialisme intelligent US joint encore aujourd’hui la violence à l’hypocrisie tout en parlant de la fin de la françafrique. Soit ! Georges Clémenceau croyait dans l’élévation dans la civilisation mettant des limites de la justice et du droit à la loi de la jungle pour la vie. L’instrumentalisation de la justice et du droit de ses héritiers et de leurs alliés reconduit la loi de la jungle au nom des intérêts politiques, économiques et géostratégiques inavoués. Si l’Afrique veut tirer son épingle de ce jeu des dupes, elle doit, comme le disait le président Kasa-Vubu, devenir davantage elle-même, « remettre en honneur et cultiver les valeurs de notre propre civilisation africaine, et créer une conscience africaine. » (Lire J. M’POYO KASA-VUBU, Et si Kennedy était mort pour l’Afrique ? Dédicaces présidentielles de John E. Kennedy à Joseph Kasa-Vubu, Bruxelles, KDS Editions, 2010, p.113.) Les valeurs de solidarité, de coopération, de collectivité et de palabre fondées sur la sagesse devraient nous aider à rompre avec celles de concurrence et de compétitivité propres à la sorcellerie capitaliste. J.-P. Mbelu
|
Nouveau Cardinal, Laurent Monsengwo annonce déjà ses couleurs
Le Potentiel Lundi 22/11/2010
Beaucoup plus d’engagement et de responsabilité dans les problèmes sociaux et de développement de son pays. C’est le programme qu’annonce le tout nouveau Cardinal de la RDC, Laurent Monsengwo Pasinya.
«Sentiment de gratitude en Dieu et au Saint Père ». Ce sont là les premiers mots prononcés par le cardinal Laurent Monsengwo, samedi 20 novembre 2010, Place Saint Pierre, au Vatican, en marge de la cérémonie le consacrant cardinal. Selon l’archevêque de Kinshasa, cette nouvelle tâche lui donne « beaucoup plus d’engagement et de responsabilité dans les problèmes sociaux et de développement de son pays, la République démocratique du Congo ».
La cérémonie d’élévation de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya à la dignité de cardinal de la République démocratique du Congo a eu lieu, le samedi 20 novembre, à la basilique Saint Pierre, dans la cité de Vatican à Rome. Vingt-trois autres cardinaux ont été créés à cette occasion. C’est hier dimanche 21 novembre, dans la matinée, que les cérémonies entourant la création de nouveaux cardinaux – ils sont vingt-quatre au total – se sont achevées par une messe en commun célébrée par le pape Benoît XVI et les nouveaux princes de l’Eglise catholique.
Le pape Benoît XVI a, à cette occasion, rappelé la lourde et difficile tâche qui attend les nouveaux cardinaux : « Vénérés frères élus à la dignité cardinalice, la mission à laquelle Dieu vous appelle aujourd’hui, qui vous place dans un service ecclésial avec davantage de responsabilités, demande une volonté toujours plus grande d’assumer le style du fils de Dieu qui est venu au milieu de nous comme celui qui sert ».
Des milliers de Congolais qui ont assisté à cette cérémonie ont abondamment applaudi à la citation du nom du troisième cardinal de la RD Congo (les deux autres étant Joseph-Albert Malula et Frédéric Etsou Nzabi Bamongwabi, décédés : NDLR). En effet, il y a plus de trois ans que les Congolais étaient privés de services d’un cardinal depuis la disparition du Cardinal Etsou, en janvier 2007.
A Kinshasa, beaucoup de fidèles catholiques se sont amassés au centre catholique Béthanie (commune de Gombe) pour suivre à l’écran géant la cérémonie en direct de Vatican.
Né à Mongobele, le 07 octobre 1939, le cardinal Monsengwo est originaire du territoire d’Inongo, province du Bandundu. Ordonné prêtre le 21 décembre 1963, au Collegio Urbano di Propaganda Fide, à Rome, par Son Eminence le Cardinal P. Agagianian, préfet de la Congrégation de Propaganda Fide, il est sacré évêque le 04 mai 1980, à Kinshasa, par sa Sainteté le Pape Jean-Paul II. Evêque auxiliaire puis archevêque de Kisangani depuis 1980, il est depuis février 2008 Archevêque métropolitain de Kinshasa et Président de Pax Christi International.
QUI EST UN CARDINAL ?
Les cardinaux (du latin cardinalis, principal) sont de hauts dignitaires de l’Église catholique choisis par le pape et chargés de l’assister. Ils forment le Collège des cardinaux ou le Sacré collège. Leur titre précis est cardinal de la sainte Église romaine (cardinalis sanctæ romanæ Ecclesiæ) : ils forment en effet la plus haute sphère de l’Église romaine.
Leur nombre est limité à 120 par la constitution apostolique Romano Pontifici Eligendo (II , I, 33), par le pape Paul VI (1er octobre 1975), confirmée sur ce point par la c.a. Universi Dominici Gregis (II, I, 33), par le pape Jean Paul II (22 février 1996).
Depuis 1918, tous les cardinaux doivent être au moins prêtres et depuis 1962 tous doivent être évêques, mais des exceptions sont consenties au gré du pape (notamment pour les cardinaux créés après l’âge de quatre-vingts ans). Le Collège des cardinaux réuni en conclave est le seul électeur du pape. Seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent voter. La limite des cardinaux électeurs est également fixée à 120.
Les insignes : l’insigne distinctif des cardinaux est la couleur rouge (dite pourpre cardinalice), couleur du Sénat romain, rappelant le sang versé par le Christ. Ils portent soit la soutane rouge avec une barrette rouge et une mozette rouge, soit une soutane et une mozette noires avec des liserés et des boutons rouges. Les cardinaux portent l’anneau, qui traditionnellement est de saphir et, même s’ils n’ont pas reçu la consécration épiscopale, ils utilisent la croix pectorale, la crosse et la mitre.
La titulature : la titulature complète est Eminentissimus ac Reverendissimus Dominus [Prénom] Sanctæ Romanæ Ecclesiæ cardinalis [Nom] : Éminentissime et Révérendissime Seigneur [Prénom] Cardinal [Nom] de la Sainte Église romaine.
Plus couramment, on parle de Son Éminence le cardinal Laurent Monsengwo. Il signera désormais de son prénom suivi de Card. ou Cardinal, puis de son nom (ex. Laurent Card. Monsengwo). La formule d’appel traditionnelle est : Éminence. La formule Monsieur le Cardinal est également admise.
Le traitement, notamment dans la correspondance, est : Votre Éminence. La formule de politesse finale est, par exemple : J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Éminence le très humble (ou très dévoué) serviteur. La suscription des enveloppes sera : Son Éminence le cardinal Monsengwo (archevêque de Kinshasa).
Par RICH NGAPI
© Copyright Le Potentiel
Qui a tué Floribert Chebeya?
Lundi 18 Octobre 2010

La bière de l'infortuné mais martyr congolais emmené à sa dernière demeure
Un millier de personnes assistent, le 26 juin, aux obsèques de Floribert Chebeya, célébrées en la cathédrale de Kinshasa. Il y a quatre mois, cette figure de proue du combat pour les droits de l'homme en République démocratique du Congo était assassinée. Les pistes de ce meurtre dévoilent les maux qui rongent le pays: brutalité et impunité.
L'ado fluet dégaine son téléphone portable et programme la chanson hip-hop enregistrée avec ses frères et soeurs en hommage au père assassiné. Puis Florny s'éclipse sans un mot dans sa chambre. Sur la porte, des dessins au trait juvénile célèbrent un anniversaire in absentia: "47 ans de Papa Floribert", "Nous t'aimons plus que tout." Le lendemain 16 septembre, Annie, la veuve du défunt, et les cinq enfants du couple quitteront Kinshasa pour le Canada, leur terre d'asile. "Je les mets à l'abri, murmure la mère, et je reviens pour le procès." Si procès il y a.
Le meurtre de Floribert Chebeya, directeur exécutif de l'ONG La Voix des sans-voix (VSV) et figure de proue du combat pour les droits humains en République démocratique du Congo (RDC), jette une lumière crue sur les maux qui rongent l'ex-Zaïre: brutalité, opacité, impunité. Il révèle aussi les travers d'un pouvoir autiste, arrogant, miné par les luttes de clans, le primat de la force sur la loi, l'insigne faiblesse de la justice et l'emprise orwellienne de l'appareil sécuritaire - armée, police, services de renseignement. Il dévoile enfin une tenace propension à manipuler les faits comme l'opinion
Le 2 juin, on découvre dans le quartier de Mitendi le corps sans vie de Chebeya, menotté dans le dos et allongé sur la banquette arrière de sa Mazda. En revanche, nulle trace de son cousin par alliance, Fidèle Bazana, militant et chauffeur de VSV. Les assassins ont tenté, au prix d'une mise en scène hâtive et grotesque, de maquiller leur forfait en crime passionnel, voire sexuel. Aux abords du cadavre de "Flori", dont le pantalon a été baissé jusqu'aux chevilles, ils ont semé préservatifs usagés, comprimés de Viagra, mèches de cheveux et faux ongles. Ne manquent que le sachet de coke et les sex-toys...
Scénario d'autant plus inepte que l'inlassable procureur des satrapes kinois, du maréchal Mobutu à la dynastie Kabila - le père, Laurent-Désiré, hier, le fils, Joseph, aujourd'hui - avait rendez-vous la veille à 17 h 30 avec John Numbi, inspecteur général de la police nationale congolaise (PNC). Quelques minutes avant l'heure H, Floribert envoie deux SMS à son épouse, Annie : "Suis devant le bureau", puis "Restons en contact". Plus tard, leur fille Merdie lui suggère par texto d'acheter des saucisses sur le chemin du retour. La réponse - "Bien reçu, bon appétit d'avance" - l'intrigue. "Papa n'écrit jamais comme ça", s'étonne-t-elle auprès de sa mère. Laquelle tente vainement de joindre son mari. Le soir venu, Annie alerte les amis. Et, le lendemain matin, tous filent au siège de la police. Peine perdue: on ne l'a pas vu... Mensonge éhonté: un témoin certifiera avoir aperçu "Flori" à deux pas des bureaux de John Numbi, le policier, et de son bras droit, Daniel Mukalay. Dire qu'au temps où les nervis de Mobutu persécutaient le même Numbi, Chebeya le planquait chez Lolo la Crevette, un petit hôtel de son quartier, lui procurant vivres et vêtements...
Pourquoi lui? Pourquoi maintenant? Aux yeux d'un régime qu'obsède l'échéance présidentielle de 2011, les motifs de "liquider" ce gêneur natif du Kivu (Est) abondent. Harcelé, contraint parfois de plonger dans la clandestinité, Floribert Chebeya a exhumé des oubliettes congolaises les scandales et les tabous les plus brûlants. A commencer par les mystères de la lignée Kabila : l'incertaine filiation de Joseph ou l'assassinat, en janvier 2008, de son indocile demi-soeur Aimée. Le franc-tireur de VSV eut encore le tort de dénoncer l'exécution, dès 2000, d'Anselme Masasu, l'un des cofondateurs de l'Alliance qui porta au pouvoir Laurent-Désiré. Il fustigera les massacres des insurgés d'un mouvement mystico-politique du Bas-Congo, Bundu dia Kongo, ou la répression fatale aux militaires rebelles de la province de l'Equateur. "Le message est limpide, soupire un militant des droits civiques. Si l'on peut tuer Floribert, pas un de nous n'est à l'abri. On va tous y passer."
Qui sème le vent récolte la tempête: Kagame dans le collimateur des Nations Unies?
Le quotidien français Le Monde dévoile jeudi les extraits d’un rapport « quasi-définitif » du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) sur les massacres commis en République démocratique du Congo entre 1993 et 2003. Le document met en cause Kigali et affirme que les attaques menées contre les réfugiés hutus peuvent être qualifiés de « génocide ».
C’est une analyse sans précédent de la terrible décennie de massacres qu’a connue la République démocratique du Congo (RDC) entre 1993 et 2003 que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a mené pendant un an.
Le quotidien français Le Monde affirme avoir eu accès à une version « quasi-définitive » de 600 pages et en publie jeudi quelques extraits. Le HCDH qualifie ainsi certaines des exactions qui ont été commises dans le pays de « crimes contre l’humanité, crimes de guerre, voire de génocide ».
Et ce dernier terme est évidemment celui qui va faire le plus débat. « Les attaques systématiques et généralisées [contre des Hutus réfugiés en RDC] révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide », affirme ainsi le rapport.
Kigali pointé du doigt
Dans le texte, le Rwanda fait figure de principal accusé pour les massacres qui ont eu lieu entre 1996 et 1998. Il épingle ainsi l’Armée patriotique rwandaise (APR) et l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), la coalition dirigée par Laurent-Désiré Kabila et « créée à Kigali » en 1996, précise le texte. « Les troupes, l’armement et la logistique étaient fournis par le Rwanda », ajoute le rapport.
Ces deux forces armées ont attaqué à partir de 1996 les camps de réfugiés hutus, où se trouvaient des anciens génocidaires des Tutsis au Rwanda en 1994, qui avaient fui dans l’Est de la RDC avec l’arrivée du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé au pouvoir à Kigali.
Or le rapport, dénonce la nature « systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre les Hutus [qui] se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l’AFDL/APR sur une très vaste étendue du territoire ».
Selon le HCDH, « l’usage extensif d’armes blanches (principalement des marteaux) et les massacres systématiques de survivants après la prise des camps démontrent que les nombreux décès ne sont pas imputables aux aléas de la guerre. Parmi les victimes, il y avait une majorité d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de malades ».
Pressions sur Ban Ki-moon
Les auteurs du rapport ont pris note de la possibilité d’un retour offerte par Kigali à des milliers de Hutus mais ce fait ne permet pas « en soi d’écarter l’intention de détruire en partie un groupe ethnique comme tel et ainsi de commettre un crime de génocide », affirment-ils.
D’après Le Monde, Kigali a déployé « ses réseaux et son énergie pour tenter d’étouffer ce rapport » pendant « des semaines ». « Selon nos sources, poursuit le journal, Paul Kagamé a menacé directement le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d’une rencontre à Madrid en juillet, de retirer les troupes rwandaises des missions de maintien de la paix de l’ONU. » Le quotidien révèle que Ban Ki-moon a ensuite « mis en garde la Haut-Commissaire pour les droits de l’homme, la sud-africaine Navanethem Pillay, contre l’utilisation du mot « génocide » pour les crimes de l’armée rwandaise, dans la version finale du rapport qui sera – en théorie – publié en septembre ».
Le Rwanda n’est pas le seul pays étranger mis en cause dans le texte. Le Monde précise que « 8 armées nationales » (que le journal ne cite pas) et « 21 groupes armés irréguliers » sont aussi désignés pour leurs crimes pendant la « deuxième guerre » de RDC (1998-2003).
Les auteurs pointent en particulier les exactions des Forces armées angolaises (FAA) dans la province du Bas-Congo en 1997. Elles sont accusées d’avoir « profité de leur présence à Kinshasa pour renforcer leur répression à l’encontre des populations cabindaises (d’Angola) réfugiées ». Il résulte du rapport que les FAA « procédaient systématiquement à une opération de ratissage et exécutaient tous ceux qu’elles soupçonnaient de collusion avec leurs ennemis ».
MISE AU POINT DU PN SUITE A LA CAMPAGNE DE DÉSINTOXICATION
UDPS : pas de monarchie familiale !
Suite à une campagne d’intoxication menée par certains organes de presse au service du pouvoir en place lui prêtant l’intention de prendre incessamment sa retraite politique et se faire remplacer à la tête du parti par un de ses fils, le Président National de l’UDPS, Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba, porte à la connaissance de l’opinion, en général, et des membres de l’UDPS en particulier que cette rumeur est fausse et dénuée de tout fondement.
Le Président national de l’UDPS détecte à travers ces soubresauts d’une certaine presse l’angoisse des officines du pouvoir consécutive à ses récentes déclarations annonçant et confirmant sa candidature aux prochaines élections présidentielles.
Il condamne cette tentative vicieuse de manipulation de l’opinion n’ayant d’autre but que de décourager le peuple congolais et recommande à tous la vigilance et le discernement car, assurément, cet épisode ne constitue que les prémices d’une stratégie planifiée dont l’objectif avéré est de fustiger les multitudes qui lui font toujours confiance.
Le Président National de l’UDPS estime que la présente mise au point s’avère nécessaire afin d’éviter toute spéculation ou confusion dans les esprits.
Fait à Kinshasa, le 15 juillet 2010
E. Albert Moleka, Assistant porte-parole |
La Province de l’Equateur en ébullition
Après la prise de la province de l’Equateur par les « insurgés Enyele », notoirement connus dans la diaspora congolaise comme étant les « Patriotes Résistants Congolais », PRC en sigle, la situation sécuritaire sur terrain ne fait que se détériorer pour ne pas dire s’empirer.
En effet, de notre source digne de foi, les troupes gouvernementales éprouvent des sueurs froides face aux troupes professionnellement aguerries des PRC. En dépit de leur repli stratégique du chef-lieu de la province chère au feu Maréchal Mobutu Sese Seko, l’on signale des combats acharnés dans la localité de Lulonga, située à environ 80 kilomètres de Mbandaka.
La récente descente en cascades à Mbandaka d’ Alan Doss, le numéro un de la Monuc pour confirmer « le contrôle de Mbandaka par les forces gouvernementales » s’inscrit dans le cadre d’un état de panique et de paranoïa généralisé tant dans les milieux gouvernementaux qu’internationaux au regard du nombre des morts et des blessés de guerre qui reviennent de différents fronts attisés à travers l’Equateur. Le personnel médical de la place s’avère débordé quand bien il ne serait même pas autorisé à avoir accès aux innombrables victimes de guerre qui abondent les institutions sanitaires provinciales.
A en croire notre œil au sein des services paraétatiques de la ville de Mbandaka, le gouvernement de Kinshasa se refuse de donner accès aux ONGs internationales telles que Médecins Sans Frontières afin de venir en aide médicale d’urgence aux blessés de guerre qui sont désespérément amassés tant au camp militaire Ngashi, à l’Hôpital Général de Wangata qu’aux cliniques universitaires. Le mobile de ce refus du gouvernement d’imposture à la tête de la nation congolaise serait de ne pas permettre à ces organismes non gouvernementaux d’établir le vrai bilan de cette guerre qui se passe « à rideaux fermés » comme l’aurait dit l’un des proches collaborateurs du Président National de l’Apareco, Mr Honore Ngbanda.
Aux dernières nouvelles, les MSF continuent de supplier les autorités militaires de lâcher ces infortunés blessés de guerre qui sont jusque-là séquestrés au camp Ngashi soi-disant pour des raisons sécuritaires ! A quand est-ce que les pauvres soldats congolais comprendront qu’ils devront désobéir les ordres mal donnés qui consistent à se servir d’eux comme chair à canon aux fins de travailler pour les intérêts des occupants de la terre de Simon Kimbangu ? That’s the question !
Nonobstant, un confrère aurait déjà usé de ses manchettes pour tirer la sonnette d’alarme en établissant que « Mbandaka n’est qu’une étape… ». La journée pascale reste marquée indélébilement dans les annales de l’Histoire de ceux qui luttent pour la libération de leur pays, la RDC. What’s next ? L’avenir pourra nous en dire plus…
Par Grégoire WATUPA |